Les candidats nationalistes en tête en Bosnie

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par Daria Sito-Sucic et Maja Zuvela SARAJEVO, 13 octobre (Reuters) - Les candidats nationalistes à la présidence collégiale de la Bosnie-Herzégovine étaient en tête dimanche soir des premiers résultats partiels d'un des nombreux scrutins auxquels étaient appelés les 3,3 millions d'électeurs. Sur la base des premiers résultats partiels, Bakir Izetbegovic, du Parti de l'action démocratique (SDA), est en passe d'être réélu représentant de la communauté bosniaque musulmane à la présidence tripartite. Dragan Covic devrait représenter la communauté croate et Zeljka Cvijanovic la communauté serbe. Izetbegovic a fait campagne sur la nécessité d'un Etat fort et unifié. Mais Covic plaide pour la création d'une entité croate tandis que le parti de Cvijanovic pousse pour une dissolution de la Bosnie. Depuis les accords de paix de Dayton, en 1995, la Bosnie est divisée en deux entités distinctes, la Fédération croato-musulmane de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska. La présidence collégiale, qui représente les trois "peuples constitutifs" du pays, fixe la politique étrangère du pays. Le reste dépend des autres institutions. Outre les trois élus de la présidence tripartite, les électeurs devaient également renouveler dimanche le parlement national, les assemblées des deux entités distinctes, dix assemblées cantonales et l'assemblée du district de Brcko. Au total, 518 fonctions électives étaient à pourvoir. Cette architecture institutionnelle fait de la Bosnie un pays dirigé par des partis dont les visions semblent inconciliables. Et leurs divergences freinent les réformes qui seraient nécessaires au rapprochement avec l'Union européenne et l'Otan. ÉPARPILLEMENT ATTENDU DES VOIX Les résultats complets des élections nationales, régionales et cantonales devraient être connus plus tard ce lundi. Mais les tendances qui se dessinaient dimanche soir pour la présidence collégiale laissent penser que les partis nationalistes seront également en tête dans les autres instances du pouvoir, ce qui va prolonger le blocage institutionnel de la Bosnie. La participation de dimanche s'est établie à 54% des inscrits, illustrant la lassitude d'un électorat dont les espoirs nés du mouvement de contestation de février dernier sont vite retombés. Les manifestations de l'hiver dénonçaient à l'origine des fermetures d'usines. Elles ont débouché sur une remise en cause globale, et parfois violente, de la classe politique. Mais les "plénums", des assemblées populaires, qui avaient alors germé n'ont pas trouvé de débouchés politiques et peu de nouveaux visages étaient visibles parmi les 7.877 candidats issus de 65 partis différents qui se présentaient dimanche au choix des électeurs. "Je n'ai voté pour personne, ce sont tous les mêmes. Je suis simplement venu mettre un bulletin vierge dans l'urne pour qu'ils ne puissent détourner mon vote", explique Saima Alajbegovic, une retraitée de Sarajevo. L'éparpillement prévisible des votes devrait une nouvelle fois compliquer la formation de gouvernements, à l'échelle nationale comme régionale. Après les précédentes élections, en octobre 2010, il avait fallu seize mois avant de pouvoir constituer un gouvernement central. Cela ne fera qu'aggraver les perspectives économiques de la Bosnie, déjà atteinte par les très graves inondations du mois de mai qui ont provoqué au total quelque 2 milliards d'euros de dégâts. Un chiffre à comparer au produit intérieur brut de la Bosnie, de l'ordre de 13,5 milliards d'euros en 2013. (avec Gordana Katana à Banja Luka; Henri-Pierre André pour le service français)

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