Les candidats à la primaire de droite plaident la relance de l'UE

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    * Le Maire veut un référendum pour refermer les "plaies" de 
2005 
    * Juppé appelle à consolider le "noyau dur" de l'euro 
    * Sarkozy remet sur la table son projet de traité 
    * Fillon s'inquiète d'une Europe qui va "dans le mur" 
 
    PARIS, 9 mai (Reuters) - Les principaux candidats à la 
primaire à droite appellent lundi à régénérer le projet 
européen, qu'ils jugent dans l'impasse, en recentrant l'Union 
européenne sur son "noyau dur", voeu d'Alain Juppé, ou en 
organisant un référendum en France pour "refermer la blessure de 
2005", proposition de Bruno Le Maire. 
    A l'occasion de l'anniversaire du discours fondateur de 
Robert Schuman, le 9 mai 1950, tous déplorent d'une même voix le 
blocage de l'historique "moteur" franco-allemand. 
    Notamment Nicolas Sarkozy, qui reformule dans Le Figaro son 
idée d'un "traité de refondation" pour "changer les compétences 
des institutions communautaires et leur fonctionnement". 
    Quant à François Fillon, pour qui "l'Europe est en train 
d'aller droit dans le mur", il souhaite que l'UE "laisse aux 
Etats la vie quotidienne et qu'elle s'occupe de sujets que les 
Etats ne peuvent régler à sa place". 
    Alain Juppé, favori pour l'investiture présidentielle à 
droite, regrette que "la France manque à son rôle européen 
historique". 
    "Elle commente, elle critique, et finalement, elle suit et 
elle subit. Malgré la foi européenne d'Angela Merkel et sa 
science de la navigation, l'Allemagne ne peut ni ne veut être 
seule à la barre de l'énorme vaisseau. Et l'Europe dérive", 
écrit l'ancien Premier ministre dans une tribune publiée lundi 
dans Le Monde et intitulée "Oui à l'Europe debout!" 
    Bruno Le Maire, pour l'instant "troisième homme" de la 
compétition, a choisi Berlin, lundi et mardi, pour exalter sa 
foi européenne qu'il entend réinsuffler en France avec un 
référendum censé "réconcilier les Français" avec l'Europe. 
    "Il existe une blessure européenne en France : la blessure 
du non au référendum de 2005 (sur le projet de 
Constitution-NDLR). A la suite de ce non, les tenants du oui ont 
ignoré la voix du peuple. Ils ont poursuivi et accéléré la 
construction européenne en rédigeant un traité technique, le 
traité de Lisbonne (...). Ce vote devait solder 2005, il a 
rouvert les plaies", a déploré l'ancien ministre des Affaires 
européennes lors d'un discours dans la capitale allemande. 
    
    SARKOZY VEUT ALLER AU BOUT DE L'INTÉGRATION 
    S'il est élu président, le député de l'Eure promet de 
convoquer une consultation durant le quinquennat "sur les 
modifications des traités nécessaires à de nouvelles 
orientations européennes". 
    Quelle que soit l'issue du référendum du 23 juin sur le 
"Brexit", Alain Juppé considère que l'Europe, "anémique" 
économiquement, "dissoute" politiquement, prise d'"angoisse 
identitaire", doit se consolider sur la base des traités 
existants "en partant du noyau dur que constitue la zone euro". 
    Ce travail "exige une harmonisation fiscale progressive et 
la mise en cohérence de nos systèmes de protection sociale", 
dit-il. En matière de sécurité, il souhaite qu'Europol et 
Eurojust deviennent "une police et une justice directement 
compétentes" et juge nécessaire "un Livre blanc sur la défense". 
    Le maire de Bordeaux appelle de ses voeux "une politique 
commune des migrations légales" et "une politique commune de 
l'énergie". 
    Nicolas Sarkozy veut pour sa part que la France mette sur la 
table dès "l'alternance" de 2017 un projet de nouveau traité 
"quelle que soit l'issue du référendum sur le Brexit." 
    L'ancien chef de l'Etat répète dans Le Figaro vouloir "aller 
jusqu'au bout de l'intégration" avec l'avènement d'un Fonds 
monétaire européen et "d'un secrétaire général du gouvernement 
économique qui agisse comme un véritable directeur du Trésor." 
    Il invite à "revoir complètement la répartition des 
compétences entre les Etats et l'Union" et à recentrer ses 
compétences "sur pas plus d'une dizaine de politiques communes 
prioritaires." 
    François Fillon, qui fut son Premier ministre, estime que 
l'action communautaire doit se concentrer sur "cinq priorités 
stratégiques", notamment la sécurisation d'"une vraie monnaie de 
réserve et de règlement". 
    "Il faut que l'euro soit assis sur une zone économique 
européenne harmonisée, que la fiscalité des entreprises soit 
comparable, voire identique", a-t-il expliqué sur France Inter. 
    "Il faut une monnaie européenne qui permette de libeller les 
échanges internationaux en euros", a-t-il poursuivant en 
pressant François Hollande d'engager "au minimum une réflexion 
sur une nouvelle architecture européenne". 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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