Les caisses de retraite débordées par les réformes

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Chaque nouvelle réforme des retraites provoque un afflux de demandes des assurés auxquelles les caisses locales ont de plus en plus de mal à répondre. Résultat, les délais de traitement de dossiers s'allongent.

Les caisses de retraite sont en surchauffe. Après la réforme de 2010, qui prévoyait le relèvement progressif de l'âge de départ à la retraite, et les aménagements de 2012, qui ont assoupli le dispositif des «carrières longues», la réforme de François Hollande annoncée fin août est un nouveau casse-tête pour les agents de l'assurance retraite. «Tous nos services souffrent de la surcharge de travail liée à l'enchaînement des réformes. Les employés doivent à chaque fois se replonger dans les nouveaux textes et répondre à l'afflux de demandes des assurés qui s'interrogent sur leurs droits», explique Thierry Bellanger, secrétaire adjoint de Force ouvrière (FO) à la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav).

Un afflux que les caisses locales ont de plus en plus de difficultés à gérer. «Nos effectifs sont en baisse, avec seulement un départ à la retraite sur trois remplacé», déplore le syndicaliste. Selon la CGT de la Cnav, «la direction a décidé de fermer de nombreux points d'accueil du public pour faire de la plateforme téléphonique et d'Internet les principaux points d'entrée des assurés». Tandis que certaines agences ne reçoivent plus le public que sur rendez-vous sur des tranches horaires très limitées, ces plateformes sont à leur tour saturées. «Beaucoup s'assurés déplorent de ne pouvoir joindre la Cnav par le 3960 ou de ne pas obtenir toutes les réponses à leurs questions», assure le syndicat, en précisant qu'en outre, «la direction nous donne pour consignes de limiter les communications à seulement 3 minutes par appel».

Retards dans le traitement des dossiers

L'engorgement des caisses de retraite n'affecte pas seulement l'accueil, mais aussi le traitement des dossiers qui s'accumulent. Les demandes de départ à la retraite ont explosé de 77% entre avril 2012 et avril 2013, selon des données publiées récemment par Le Parisien . Résultat, les assurés doivent s'attendre à des retards dans le traitement de leurs demandes, voire de leurs paiements. Dans la région Centre, par exemple, où le nombre de bénéficiaires est passé de 450.000 à 532.000 en moins de dix ans, 10% des dossiers ont pris du retard, selon la Nouvelle République . De la Bretagne au Sud-est de la France, les agents se plaignent de subir en conséquence la mauvaise humeur des assurés.

Contactée par Lefigaro.fr, la Cnav n'était pas immédiatement disponible pour commenter cette situation. Sa direction avait toutefois assuré au Parisien qu'aucun droit ne serait perdu et que les paiements retardés seraient effectués à titre rétroactif. «Les agences ont pour consigne de traiter leurs dossiers en priorité», avait-elle précisé.

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