Les cadres d'Aube dorée interpellés entendus par un juge mardi

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LES CADRES D'AUBE DORÉE INTERPELLÉS ENTENDUS PAR UN JUGE MARDI
LES CADRES D'AUBE DORÉE INTERPELLÉS ENTENDUS PAR UN JUGE MARDI

par Renee Maltezou

ATHENES (Reuters) - Le chef d'Aube dorée et quatre autres députés du parti néonazi arrêtés samedi en Grèce au cours d'un vaste coup de filet seront entendus par un juge d'instruction mardi.

Après neuf heures d'interrogatoire dans les bureaux du procureur, les suspects ont été placés en garde à vue dimanche à 03h30 locales (00h30 GMT).

La police enquête notamment sur d'éventuels liens entre Aube dorée, dont des membres sont entrés pour la première fois au Parlement en 2012, et le meurtre du rappeur antifasciste Pavlos Fissas, alias Killah P, tué le 17 septembre par un néonazi se réclamant du parti d'extrême droite.

Les personnes arrêtées - le leader du parti ultranationaliste, Nikolaos Mihaloliakos, son porte-parole, Ilias Kasidiaris, trois autres députés et 13 membres du mouvement - sont accusées d'avoir formé - et participé à - une organisation criminelle, a précisé la police.

Les autres suspects feront l'objet d'une audition par le juge mercredi. Un autre responsable et député du parti qui était recherché, Christos Pappas, s'est livré à la police dimanche.

Il s'agit des arrestations les plus importantes effectuées parmi des élus depuis la chute de la dictature militaire en 1974.

L'enquête sur l'assassinat du rappeur a également mis en lumière les liens entre Aube dorée et certains services de la police. Plusieurs cellules du mouvement étaient actives dans le milieu policier, et deux policiers ont été interpellés.

La police a saisi trois armes à feu au domicile de Nikolaos Mihaloliakos, en précisant qu'il n'avait pas de permis de port d'armes.

Samedi soir, les détenus ont été conduits sous bonne escorte devant le procureur qui a ouvert des poursuites à leur encontre sur la base d'éléments liant le parti à une série d'agressions, dont celle mortelle du rappeur Pavlos Fissas, et le meurtre d'un immigré, précisent des sources judiciaires.

Le ministre de l'Ordre public, Nikos Dendias, a salué "un jour historique pour la Grèce et l'Europe".

"Je veux assurer aux citoyens grecs que l'enquête ne s'arrêtera pas là", a-t-il dit. "Il n'y a pas de place pour une organisation criminelle en Grèce."

"LES NÉONAZIS KO"

La presse grecque a également approuvé les arrestations, estimant qu'il s'agissait d'une victoire de la démocratie.

"L'Holocauste d'Aube dorée", titre à la Une Ethnos, un journal de gauche. "La démocratie met KO les néonazis", proclame de son côté To Vima.

Plus de 10.000 Grecs ont manifesté mercredi à Athènes pour dénoncer l'assassinat de Pavlos Fissas, qui avait 34 ans.

Aube dorée, qui réfute le qualificatif de néonazi et dément toute implication dans le meurtre de Pavlos Fissas, a brandi la menace d'une démission collective de ses 18 députés si la répression continuait, ce qui entraînerait des élections partielles à haut risque pour la coalition gouvernementale au moment où Athènes pourrait avoir à négocier un troisième plan d'aide avec ses créanciers internationaux.

Le Premier ministre, Antonis Samaras, a exclu la tenue d'élections législatives anticipées après ces arrestations, et a déclaré que son gouvernement voulait avant tout assurer la stabilité du pays.

Aube dorée était créditée de 14% des intentions de vote dans les sondages réalisés avant le meurtre de Pavlos Fissas, mais ce chiffre est tombé à 6,8% dans une enquête publiée cette semaine.

Les élus grecs ne peuvent pas être déchus de leurs droits civiques ou de leurs sièges tant qu'il n'ont pas été condamnés définitivement par la justice, mais le gouvernement d'Antonis Samaras a rédigé un projet de loi qui pourrait mener à la suspension du financement public d'Aube dorée si la police établit un lien entre le parti et l'assassinat de Pavlos Fissas.

Jean-Stéphane Brosse et Pascal Liétout pour le service français

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