Les cadences de production accélèrent à nouveau chez ATR

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ATR ACCÉLÈRE SON RYTHME DE PRODUCTION
ATR ACCÉLÈRE SON RYTHME DE PRODUCTION

par Cyril Altmeyer

COLOMIERS, Haute-Garonne (Reuters) - Le constructeur d'avions légers ATR, coentreprise entre EADS et l'italien Finmeccanica, a annoncé mercredi viser 80 livraisons d'avions en 2013 et 90 en 2014, une nette accélération de son rythme de production destinée à écouler son carnet de commandes, notamment en Asie.

Spécialisé dans les turbopropulseurs de 50 à 90 places, ATR a frôlé la faillite en 2004 avant d'opérer un spectaculaire rétablissement à la faveur d'un rebond de la demande pour ce type d'avions moins rapides mais moins gourmands en carburant.

Le carnet de commandes à fin 2012 du groupe, qui a pour principal concurrent le canadien Bombardier, atteint 221 appareils, d'une valeur totale de 5,1 milliards de dollars.

L'entreprise fondée en 1981 dit avoir engrangé l'an passé 115 commandes, dont 74 fermes, d'un montant total évalué à 2,6 milliards de dollars.

ATR avait affiché 236 commandes, dont 157 fermes, en 2011, mais son président exécutif Filippo Bagnato a précisé lors d'une conférence de presse que son objectif était désormais d'augmenter les livraisons plutôt que d'accumuler les commandes en souffrance.

Pour cette année, ATR espère 80 commandes fermes, avec notamment un contrat déjà obtenu avec Citilink, la filiale à bas coûts de la compagnie indonésienne Garuda, pour 25 avions avec une option sur 25 autres.

UN NOUVEL AVION D'AU MOINS 90 PLACES

La montée en cadence prévue par ATR constitue une nette progression comparé aux 64 appareils livrés en 2011 - un record - ou aux dix exemplaires sortis de ses usines en 2005.

"La première phase de la montée en cadence a également été la plus sanglante, mais je suis heureux de vous dire aujourd'hui que nous n'avons pas versé notre sang en vain", a noté Filippo Bagnato lors d'une conférence de presse. "Cette année, nous verserons un peu moins de sang".

La plus grande partie des difficultés liées à la capacité des fournisseurs à suivre la cadence a été surmontée, a-t-il souligné, précisant que les problèmes restants concernaient les aérostructures.

A plus long terme, Filippo Bagnato souhaite élargir la gamme avec un nouvel avion d'au moins 90 places. ATR estime que ce segment représentera plus d'un tiers du marché mondial des 3.400 avions régionaux d'ici 20 ans, les appareils de 70 places en constituant encore près de la moitié.

ATR, qui a sondé l'année dernière les compagnies aériennes éventuellement intéressées par un tel appareil, discute sur la motorisation avec Pratt & Whitney (United Technologies) et General Electric, tandis que Safran a manifesté son intérêt, a-t-il précisé.

Il reste à obtenir le feu vert des actionnaires d'ATR au moment où les fournisseurs du secteur aéronautique sont déjà très sollicités par la hausse des rythmes de production pour faire face à la demande.

EADS, coactionnaire d'ATR, voit déjà les chaînes d'assemblage de sa maison-mère Airbus peiner à augmenter les cadences du monocouloir A320 tout en préparant l'arrivée sur le marché de son futur long-courrier A350 attendu pour 2014.

Le chiffre d'affaires d'ATR a progressé en 2012 de 11% à un record de 1,44 milliard de dollars (1,08 milliard d'euros), avec un objectif confirmé d'atteindre le seuil des deux milliards de dollars en 2014. Sa marge opérationnelle est restée quasi-stable à 8,5%.

Edité par Gilles Guillaume

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