Les Bulgares retournent aux urnes sans illusion

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par Tsvetelia Tsolova et Angel Krasimirov SOFIA, 5 octobre (Reuters) - Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes dimanche en Bulgarie pour des législatives anticipées dont l'issue la plus probable est la formation d'une nouvelle coalition fragile qui aura du mal à s'attaquer aux racines de la corruption et à relancer l'activité économique. Après la formation de quatre gouvernements différents en deux ans, le GERB (Citoyens unis pour le développement de la Bulgarie, droite), conduit par l'ancien Premier ministre Boïko Borissov, devrait conserver son statut de première force politique sans pour autant décrocher la majorité absolue au parlement monocaméral. Les derniers sondages le créditent d'un peu plus de 34% des intentions de vote, loin devant le Parti socialiste (PSB) à 19%, et le Mouvement pour les droits et libertés (MDL, représentant la minorité turcophone musulmane) à un peu plus de 15%. Probable partenaire du GERB, le Bloc réformiste rallierait les suffrages de 6% des électeurs. Le seuil d'entrée au Parlement est fixé à 4% au moins des voix. Six à huit partis pourraient y être représentés. Dans une interview accordée la semaine dernière à Reuters, Boïko Borissov s'est dit prêt à négocier avec la plupart des partis, non pour former une grande coalition mais pour obtenir des soutiens ponctuels au parlement. Aux précédentes législatives, en 2012, le GERB, déjà conduit par cet ancien garde du corps, était arrivé en tête du scrutin mais le gouvernement Borissov a démissionné en février 2013, emporté par d'importantes manifestations agrégeant des revendications différentes (refus de l'austérité, contestation des tarifs élevés de l'électricité). La coalition formée autour du Premier ministre socialiste Plamen Orecharski qui lui a succédé n'a pas fait mieux, contraignant le président Rossen Plevneliev à anticiper le retour aux urnes. CRISE BANCAIRE Dans l'opinion bulgare, la lassitude et la désillusion à l'égard d'une classe politique discréditée se répandent. D'après un sondage Gallup International publié le mois dernier, plus d'un Bulgare sur deux pense que les élections de dimanche ne changeront rien. Ils sont sept sur dix à se dire pessimistes pour l'avenir de leur pays. L'instabilité politique inquiète également les investisseurs. En juin, l'agence de notation Standard & Poor's a dégradé son estimation de la "signature" bulgare sur les marchés obligataires, considérant que l'environnement politique met en péril des réformes jugées indispensables (crise bancaire illustrée par les déboires de Corpbank, système des retraites et de la santé). Avec un salaire mensuel moyen de 360 euros, un taux de chômage de 10,4% en août et une croissance économique de l'ordre de 1,5% cette année, la Bulgarie est le plus pauvre des membres de l'Union européenne. "Ce sont les troisièmes élections nationales en moins d'un an et demi. Il y a un peu de fatigue et d'apathie", admet Mihaïl Mikov, le nouveau président du Parti socialiste (PSB). "Dans le même temps, nos sympathisants sont en forme et la campagne monte en puissance", affirme-t-il. La priorité du futur gouvernement sera de régler une crise financière sans précédent depuis les années 1990 qui a provoqué en juin des retraits massifs aux guichets des banques. L'un de ces établissements, la Corporate Commercial Bank (Corpbank) 6C9.BB , est toujours fermé et ses déposants ont interdiction d'effectuer des retrait depuis trois mois. Un audit est en cours et le principal propriétaire de la banque a été accusé de malversations financières. (Henri-Pierre André et Jean-Philippe Lefief pour le service français)


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