Les Brics se décideront bientôt sur la possibilité d'aider l'UE

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par Rajesh Kumar Singh

NEW DEHLI/PEKIN (Reuters) - Les ministres des Finances des grands pays émergents regroupés dans le club des Brics prendront une décision sur la possibilité de venir en aide à la zone euro lors d'une réunion à Washington ce mois-ci, a déclaré mercredi un responsable du ministère indien des Finances.

Les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont entamé des discussions préliminaires en vue d'une augmentation de leurs avoirs en obligations libellées en euro pour aider une Europe engluée dans la crise de sa dette publique, avait indiqué mardi soir à Reuters un responsable du gouvernement brésilien.

"L'idée a été lancée par le ministre brésilien des Finances. Les ministres des Finances des Brics prendront une décision lorsqu'ils se rencontreront à Washington le 22 septembre", a déclaré mercredi R. Gopalan, secrétaire d'Etat indien chargé des affaires économiques.

Les Brics doivent se réunir en marge des réunions d'automne de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international à Washington.

R. Gopalan est resté discret lorsqu'il lui a été demandé si l'Inde apporterait son soutien à un éventuel plan d'achat d'obligations européennes pour soutenir la zone euro. "Les ministres des Finances des Brics examineront la question", s'est-il borné à répondre.

Le ministre indien des Finances, Pranab Mukherjee, avait semblé sceptique mardi sur la possibilité d'une action coordonnée au niveau international.

Il avait déclaré que, contrairement à ce qui s'était passé immédiatement après la crise financière de 2008, une coordination au niveau mondial serait aujourd'hui compliquée car les différents pays n'en sont pas au même stade du cycle économique.

Les obligations européennes représentent 20% environ des avoirs de l'Inde en devises et New Delhi souhaite maintenir ce ratio par la suite, a dit mercredi à Reuters un responsable indien. "Tout ce que je peux vous dire, c'est que nous allons maintenir ce ratio à 20%", a-t-il déclaré.

L'Inde n'est pas exposée aux dettes grecque, italienne et portugaise, mais l'est à la dette allemande, a-t-il ajouté.

PRÉSERVER LA STABILITÉ FINANCIÈRE DE LA ZONE EURO

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a accueilli favorablement l'éventualité d'achats d'obligations européennes par les Brics, tout en ajoutant qu'il ne fallait pas qu'ils se limitent aux titres les moins risqués.

"Cet intérêt des Brics est un développement intéressant, mais s'il est limité à des (obligations d'Etat) allemandes ou britanniques, ils ne prendront pas de grands risques", dit-elle dans une interview publiée par le quotidien italien La Stampa.

"Mon espoir, c'est que, si elles se produisent, ces interventions seront d'une vaste portée et pas limitées aux obligations sûres de quelques Etats", ajoute-t-elle.

La Commission européenne a de son côté indiqué que les déclarations des Brics illustraient le fait que tout le monde, y compris les économies émergentes, ont "intérêt à ce que la stabilité financière de la zone euro soit préservée".

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao, lors du Forum économique mondial organisé à Dalian, a déclaré mercredi que la Chine voulait investir davantage en Europe, mais que les Européens devaient de leur côté éviter une extension de la crise de la dette.

Cependant, un conseiller de la banque centrale chinoise, Li Dakui, a par la suite déclaré que la Chine devrait s'abstenir d'acheter de gros volumes d'obligations européennes, ajoutant qu'il était important pour les pays européens de poursuivre leurs réformes.

Le vice-Premier ministre chinois Li Keqiang a pour sa part déclaré que l'économie mondiale faisait face à une montée des incertitudes, notamment au niveau des dettes souveraines, mais que Pékin avait "toujours" eu confiance en l'euro.

Un quart environ des réserves de la Chine en devises étrangères - qui s'élèvent au total à 3.200 milliards de dollars - sont en euro.

Plusieurs pays hors de l'Union européenne, dont la Russie ou la Chine, ont pour l'instant manifesté peu d'intérêt pour la dette grecque, a reconnu mercredi le secrétaire d'Etat grec aux Finances, Filippos Sachinidis.

"Nous avons invité les pays que vous mentionnez (Chine et Russie) à répondre aux besoins de financement de la Grèce via le programme d'adjudication de bons du Trésor", a-t-il dit à la radio grecque Real FM. "Malgré l'invitation, la participation a été très faible, voire inexistante."

Suvashree Dey Choudhury, Zhou Xin, et Kevin Yao, Mehdi-Nicolas El Moueffak pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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