Les "Bricoleurs du dimanche" tenteront d'obtenir des dérogations

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LES SALARIÉS DES MAGASINS DE BRICOLAGE VONT TENTER D'OBTENIR DES DÉROGATIONS AUPRÈS DES PRÉFECTURES
LES SALARIÉS DES MAGASINS DE BRICOLAGE VONT TENTER D'OBTENIR DES DÉROGATIONS AUPRÈS DES PRÉFECTURES

PARIS (Reuters) - Les salariés de magasins de bricolage empêchés par la justice de travailler le dimanche vont tenter d'obtenir des dérogations auprès des préfectures en attendant les décisions du gouvernement fin 2013, a déclaré un porte-parole.

Le collectif des "Bricoleurs du dimanche", qui rassemble des employés volontaires de Leroy-Merlin et de Castorama, a été reçu mercredi par un membre du cabinet de Jean-Marc Ayrault après une manifestation à proximité des bureaux du Premier ministre qui a rassemblé plus de 200 personnes.

Le gouvernement a commandé un rapport sur le travail dominical pour la fin novembre mais ces salariés ont insisté sur l'urgence de la situation, qui pèse selon eux sur les travailleurs précaires et les étudiants.

"Le gouvernement ne reviendra pas sur son calendrier mais cette rencontre a été très positive, nous avons trouvé une oreille attentive", a dit Gérald Fillon, porte-parole des Bricoleurs du dimanche, interrogé à l'issue de la rencontre.

"Maintenant que l'on a sensibilisé le pouvoir, que l'on va rencontrer M. Bailly, il faut qu'on se mobilise dans les préfectures pour aller obtenir des dérogations aux forceps", a ajouté ce membre du collectif qui réunit essentiellement des salariés d'Ile-de-France.

Il a estimé que le gouvernement avait perdu du temps depuis plusieurs mois en ne donnant pas suite à leurs revendications.

La loi prévoit que des dérogations d'ouverture peuvent être attribuées pour certains types de commerces comme la restauration, les musées, les entreprises de presse ou l'ameublement et, depuis 2009, dans les communes touristiques et les agglomérations de Paris, Lille et Marseille.

D'autre part, les maires - ou le préfet à Paris - peuvent délivrer aux magasins des autorisations d'ouverture exceptionnelles, dans la limite de cinq jours par an.

La question du travail dominical a été relancée par la décision des enseignes de bricolage Castorama et Leroy Merlin d'ouvrir leurs portes le dimanche en Ile-de-France malgré une décision de justice le leur interdisant.

5.000 SIGNATURES DE CLIENTS

Plusieurs centaines de salariés ont manifesté mercredi matin pendant le conseil des ministres pour maintenir la pression sur le gouvernement, malgré la commande d'un rapport auprès de Jean-Paul Bailly, qui a déjà travaillé sur le sujet en 2007.

Les manifestants portaient des T-shirts "Yes week-end" et des drapeaux marqués "Etudiants, 100% gagnants".

Le collectif réclame que les magasins de bricolage soient ajoutés par décret à la loi qui permet aux enseignes d'ameublement ou de jardinage d'ouvrir le dimanche, soulignant que cette décision soutiendrait l'emploi.

"Beaucoup d'entre nous (travaillent le dimanche) pour payer leurs études, c'est mon cas, je m'en sers également pour payer le loyer. Reste à savoir si je vais pouvoir continuer," a dit à Reuters Jean-Damien, 24 ans, étudiant en droit.

Le collectif dit avoir obtenu 5.000 signatures de clients en trois jours pour soutenir son mouvement.

Mardi, la direction de Monoprix a annoncé que ses 94 magasins qui pratiquaient des nocturnes jusqu'à 22h00 seront désormais contraints de fermer à 21h00 en raison de l'opposition de la CGT à un accord interne sur le travail en soirée.

Nicholas Vinocur et Marion Douet, édité par Yves Clarisse

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