Les Bretons vent debout contre l'écotaxe poids-lourds

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LA BRETAGNE S?OPPOSE À L'ÉCOTAXE POIDS-LOURDS
LA BRETAGNE S?OPPOSE À L'ÉCOTAXE POIDS-LOURDS

RENNES (Reuters) - La mise en place d'une écotaxe sur le transport routier, prévue le 1er janvier sur les routes françaises, suscite un très fort rejet en Bretagne où transporteurs, acteurs économiques et syndicats agricoles se mobilisent pour y faire barrage.

Après le sabotage de deux portiques de contrôle des camions dans le Finistère, de nouvelles actions sont annoncées dans les prochains jours, dont des opérations escargot dans le Finistère samedi et un appel à faire résonner toutes les sirènes incendie des entreprises de la région le 16 octobre à midi.

"La Bretagne se meurt par la destruction acharnée et méthodique de son économie et de ses emplois. Les gouvernements font preuve d'autisme en n'écoutant ni la colère qui gronde dans la région, ni les revendications des Bretons", dit dans un communiqué le Collectif pour l'emploi en Bretagne qui appelle à manifester samedi.

Les opposants à l'écotaxe mettent en avant le caractère excentré de la péninsule bretonne qui l'éloigne des grands centres d'activité et a déjà fait l'objet par le passé de mesures compensatoires, mais aussi les difficultés actuelles de l'agroalimentaire, principale source d'emplois de la région.

"Non seulement l'éloignement de la Bretagne des grands centres de consommation français et européens nous pénalise mais cette écotaxe aura aussi un effet cumulatif, on paiera plusieurs fois pour un même produit", déclare Malo Bouëssel du Bourg, directeur de Produits en Bretagne, un label regroupant 315 entreprises qui emploie environ 100.000 personnes.

A chaque étape de la production d'un poulet par exemple - la livraison de l'aliment, le transport des poussins dans l'élevage, l'expédition des poulets à l'abattoir - la taxe sera perçue, explique t-il.

La Bretagne sera d'autant plus touchée que toute son infrastructure routière, y compris les voies express qui font le tour de la péninsule, est gratuite et sera donc soumise à l'écotaxe, qui épargne les autoroutes à péage.

Cette gratuité résulte du plan routier breton obtenu à la fin des années 1960 par les élus et les responsables économiques de la région pour favoriser son essor et son désenclavement.

"On voit bien qu'une entreprise située à Pouldreuzic, dans le Finistère, sera totalement défavorisée par rapport à une entreprise située au bord d'une autoroute", souligne Malo Bouëssel du Bourg, qui reconnaît toutefois une "intention louable" à l'écotaxe.

Issue du Grenelle de l'environnement et censée favoriser des modes de transports alternatifs, cette taxe est envisagée depuis 2009. Son entrée en vigueur a été reportée à deux reprises.

Pierre-Henri Allain, édité par Yann le Guernigou

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