Les Brésiliens aux urnes, Rousseff favorite pour la présidence

le
0
DILMA ROUSSEFF RESTE FAVORITE DE LA PRÉSIDENTIELLE BRÉSILIENNE
DILMA ROUSSEFF RESTE FAVORITE DE LA PRÉSIDENTIELLE BRÉSILIENNE

par Paulo Prada

RIO DE JANEIRO (Reuters) - Les Brésiliens sont appelés aux urnes ce dimanche pour le scrutin présidentiel le plus serré depuis des décennies, qui est aussi le premier depuis que la croissance marque le pas, douze ans après l'arrivée au pouvoir du Parti des travailleurs.

La sortante Dilma Rousseff, qui peut se targuer d'un bon bilan socio-économique, reste favorite malgré la popularité de l'écologiste Marina Silva et le retour du centriste Aecio Neves, qui a l'appui des milieux d'affaires.

Un second tour programmé le 26 octobre semble toutefois inévitable, au terme d'une campagne à rebondissements marquée par le décès d'un candidat, l'émergence inattendue d'un autre et un dernier retournement de tendance.

"C'est vraiment trop serré pour faire un pronostic. Indécision et frustration favorisent les candidats de l'opposition, mais il n'y a pas vraiment de crise pour justifier une alternance", observe le politologue Rafael Cortez.

Au coude à coude dans les intentions de vote, les deux adversaires de Dilma Rousseff ont promis de renouer avec les pratiques favorables aux marchés financiers que la présidente a négligé, selon ses détracteurs, et d'accorder davantage d'autonomie à un secteur public dans lequel les scandales de corruption se sont multipliés ces dernières années.

"L'état de nos entreprises publiques est honteux", s'est indigné jeudi Aecio Neves, lors du dernier débat télévisé de la campagne, évoquant la compagnie pétrolière Petrobras en proie à une affaire de pots-de-vin de plusieurs millions de dollars.

La sortante peut toutefois compter sur une base électorale solide dans une classe populaire choyée par son prédécesseur Luiz Inacio "Lula" da Silva, qui est aussi son mentor.

"Je vais voter Dilma. Ce n'est pas bon avec elle, mais ce serait pire sans", résume un facteur interrogé samedi à Rio de Janeiro.

RETOUR DE NEVES

Son retour en tête des sondages, la présidente le doit notamment à une campagne agressive qui lui a permis de ravir le statut de favorite à Marina Silva. Dans la dernière ligne droite, le sénateur Neves, ancien gouverneur de l'Etat de Minas Gerais, est lui aussi passé devant la candidate écologiste, qui a quitté le Parti des travailleurs pour adhérer au Parti socialiste brésilien (PSB).

Les sondages créditent Dilma Rousseff d'un avantage plus réduit mais toujours conséquent au second tour.

Alors qu'elle affichait une croissance de 7,5% en 2010, l'année de son élection, l'économie brésilienne est entrée en récession au deuxième trimestre de cette année, plombée par la fin du boom des matières premières et la dégradation de la confiance des milieux d'affaires face à l'interventionnisme de l'Etat dans des secteurs comme l'électricité et le bâtiment.

Le chômage reste toutefois historiquement bas, ce qui entretient la popularité de la sortante dans les milieux populaires.

La présidente doit néanmoins convaincre ses concitoyens qu'elle peut et va faire mieux. Sous le slogan "Nouveau gouvernement, nouvelles idées", elle a promis de consolider les avantages sociaux, de développer des logements pour les revenus modestes et l'accès à internet pour tous ou encore de lutter contre la corruption.

"Pour changer un pays, il faut choisir un camp. Le peuple brésilien l'a déjà fait. C'est pourquoi l'injustice et la pauvreté sont en train de disparaître de nos vies", affirmait jeudi une publicité télévisée pour la candidate du PT, au dernier jour de la campagne.

Cent quarante millions d'inscrits sont attendus dans les 450.000 bureaux de vote. Outre le chef de l'Etat, ils devront désigner les gouverneurs de 27 Etats, élire 513 députés et renouveler un tiers du Sénat. Le scrutin est entièrement informatisé. Les résultats sont donc attendus dès la fermeture des bureaux de vote de l'ouest du pays.

(Jean-Philippe Lefief pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant