Les Bourses européennes terminent en nette baisse avec la Fed

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LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES
LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES

(Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en forte baisse vendredi, l'absence de relèvement des taux de la Réserve fédérale américaine ayant ravivé les craintes d'un ralentissement de la croissance mondiale tout en prolongeant la période d'incertitude sur le calendrier du resserrement de la politique monétaire américaine.

À Paris, le CAC 40 a terminé en recul de 2,56% (119,29 points) à 4.535,85 points. Le Footsie britannique a cédé 1,34% et le Dax allemand 3,06%, tandis que l'indice EuroStoxx 50 abandonnait 3,03% et le FTSEurofirst 300 1,92%.

Sur la semaine, le CAC 40 a perdu 0,28% et le FTSEurofirst 300 0,27%.

Au moment de la clôture des Bourses en Europe, Wall Street était elle aussi en net repli, le Dow Jones perdant 1,08%, le Standard & Poor's-500 0,87% et le Nasdaq Composite 0,6%.

L'indice de volatilité du CBOE était en hausse de plus de 7%, traduisant le regain de nervosité des investisseurs.

Au-delà de la santé de l'économie mondiale, la Fed a justifié sa décision de conserver des taux quasi-nuls par la volatilité récente des marchés financiers et la faiblesse de l'inflation aux Etats-Unis. A Wall Street, ce contexte est jugé peu favorable à la croissance des profits des entreprises et a fortiori au maintien des marchés actions aux niveaux de valorisation actuels.

En dépit de sa baisse récente, l'indice S&P-500 se traite en effet sur la base de 15,6 fois les bénéfices attendus, contre une médiane de 14,7 sur les dix dernières années, selon les données Thomson Reuters StarMine.

Des deux côtés de l'Atlantique, les valeurs financières, généralement favorisées par la hausse des taux d'intérêt, figurent parmi les plus mauvaises performances du jour.

En Europe, l'indice Stoxx des banques a reculé de 2,85% et aux Etats-Unis, le S&P du secteur perd 1,4%.

En dehors des financières, l'équipementier automobile Hella a chuté de 9% après un avertissement sur ses résultats liés à des difficultés en Chine.

A la hausse, Ingenico a bondi de 7,34% après l'annonce par le britannique Worldpay de son intention d'entrer en Bourse, qui met un terme aux spéculations sur un possible rachat par le spécialiste français des technologies de paiement.

Sur le marché des changes, le dollar se stabilise face à un panier de devises de référence après avoir touché en début de séance son plus bas niveau depuis trois semaines. L'euro se traite autour de 1,1365 dollar après un pic à 1,1459.

Pour Jane Foley, responsable de la stratégie devises de Rabobank, les annonces de la Fed jeudi doivent être considérées comme un simple report de la hausse des taux et non comme un virage stratégique.

"Yellen (a clairement dit) que dans la situation actuelle, il y a une très forte probabilité pour que les taux soient relevés d'ici la fin de l'année, il faut donc se demander jusqu'à quel point la faiblesse du dollar peut se prolonger", explique-t-elle.

Le statu quo de la Fed influence aussi les rendements obligataires de la zone euro, dont bon nombre ont baissé de plus de 10 points de base vendredi, le rendement à 10 ans espagnol repassant sous 2%, le français sous 1% et l'allemand à 0,67%.

Le pétrole, lui, recule encore nettement en attendant (à 17h00 GMT) les chiffres hebdomadaires de Baker Hughes sur le nombre de puits en activité aux Etats-Unis.

(Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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