Les Bourses européennes terminent en baisse

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LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES
LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES

PARIS/LONDRES (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse mercredi, les incertitudes croissantes sur l'avenir des politiques monétaires ultra-accommodantes des banques centrales - qui ont largement favorisé les actifs à risque depuis le début de l'année - incitant les investisseurs à prendre quelques profits.

Wall Street perdait également du terrain à ce stade de la séance, la crainte que la Réserve fédérale américaine ne commence à limiter ses injections de liquidités dans le système incitant là aussi à réaliser ses plus-values en attendant des interventions de responsables de la Fed, dont son président.

La Bourse de Londres a sous-performé le reste de l'Europe après l'annonce d'une amélioration plus rapide que prévu du marché britannique de l'emploi qui a déclenché des spéculations de relèvement des taux de la Banque d'Angleterre.

Les Bourses ont réduit leurs pertes en fin de journée en réaction à des déclarations de Peter Praet, membre du directoire de la Banque centrale européenne, selon lesquelles la BCE pourrait commencer à acheter des actifs ou ramener son taux de dépôt en territoire négatif si nécessaire.

À Paris, l'indice CAC 40 a terminé en baisse de 0,56% à 4.239,94 points. Le Footsie britannique a perdu 1,44% et le Dax allemand 0,24%, tandis que l'indice EuroStoxx 50 cédait 0,45% et le FTSEurofirst 300 0,54%, à son plus bas niveau en trois semaines.

"La tendance haussière s'essouffle. (...) Beaucoup d'investisseurs ont réalisé de belles plus-values cette année et ne ressentent pas le besoin de pousser le marché plus haut", dit Jerôme Troin-Lajous, sales trader chez Louis Capital Markets à Paris, ajoutant que "les actions européennes ne sont plus bon marché alors que les résultats n'ont pas suivi (la hausse des cours) et que de nombreuses entreprises ont lancé des avertissements sur leurs résultats".

La phase haussière qui dure depuis cinq mois sur les marchés d'actions en Europe a propulsé les ratios de valorisation, ou PER (ratio cours/résultats), à des niveaux inconnus depuis 2007, avant la crise financière. L'indice large Stoxx 600 se traite à 13,4 fois les résultats attendus sur 12 mois des sociétés qui la composent, alors que le PER moyen sur dix ans de situe à 10.

Les pertes ont été généralisées, dans un marché alourdi surtout par le secteur des médias (-1,67%), où ProsiebenSat.1 a perdu 4,02% alors que KKR et Permira ont placé 35 millions d'actions du diffuseur allemand au prix de 31,52 euros, en bas de la fourchette annoncée.

Sur le marché des changes, la perspective d'une prochaine réduction des injections de liquidités de la Fed, tout comme l'annonce que la BCE pourrait racheter des actifs si nécessaire, favorisent le dollar, qui gagne 0,16% face à l'euro et s'échange près son plus haut niveau en deux mois face au yen.

Les obligations américaines restent orientées à la baisse, tout comme leur équivalent allemand, ce qui contribue également à renforcer le billet vert.

Les cours du baril sont orientés à la hausse et le Brent (+1,1%) est autour des 107 dollars, soutenu par les perturbations des exportations libyennes et l'absence d'accord sur le programme nucléaire iranien.

Juliette Rouillon pour le service français, avec la contribution de Blaise Robinson, édité par Véronique Tison

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