Les Bourses européennes terminent en baisse

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LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES
LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse mardi, et particulièrement celle de Francfort, une mauvaise statistique du sentiment des investisseurs et les perspectives médiocres du groupe Henkel laissant penser que le conflit ukrainien est bel et bien en train de prélever son tribut sur la première économie européenne.

Les investisseurs craignent que les sanctions et représailles entre les pays occidentaux et Moscou n'affectent la puissance économique et en particulier industrielle allemande, très exposée à la Russie.

Un convoi russe formé de 280 camions transportant de l'aide humanitaire a quitté mardi la région de Moscou à destination de l'Ukraine mais Kiev a averti que les véhicules russes ne seraient pas admis sur le territoire ukrainien.

"Et maintenant, on a les Ukrainiens qui ne veulent pas laisser entrer le convoi humanitaire; cela montre bien que la situation est bien loin d'être résolue", a dit Markus Huber, trader de Peregrine & Black. "Il semble que le marché ait du mal à se faire une opinion et je n'ai rien vu qui indique qu'on change de cap".

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,85% (35,54 points) à 4.162,16 points. Le Footsie britannique a fini stable, ne cédant que 0,01%, alors qu'au contraire le Dax allemand a lâché 1,21%.

Les indices suisse et espagnol ont fini stables eux aussi stables tandis que l'indice de la Bourse de Milan a laissé 0,2%.

L'indice paneuropéen EuroStoxx 50 a perdu 0,78% et le FTSEurofirst 300 0,24%.

L'indice ZEW du sentiment des investisseurs en Allemagne est tombé en août à son plus bas niveau depuis décembre 2012, un recul plus marqué qu'attendu que l'institut explique entre autres par les tensions géopolitiques.

Outre d'avoir pesé sur la Bourse, cette statistique a également affecté l'euro qui a reculé pour la deuxième journée consécutive face au dollar.

La monnaie européenne est tombée à 1,3337 dollar après la publication de l'indice ZEW, non loin d'un plus bas de neuf mois de 1,3331 touché le 6 août. L'indice du dollar a par contrecoup monté.

En revanche, l'indice ZEW a eu un effet dopant sur les emprunts périphériques de la zone euro car il alimente le sentiment que la Banque centrale européenne pourrait à nouveau faire un geste pour l'économie.

Les rendements italien et espagnol à 10 ans sont en recul de 5 à 6 points de base à 2,74% et 2,49% respectivement. Le rendement du Bund à 10 ans a lui aussi fléchi, à 1,06%, non loin d'un plus bas record de 1,024% touché la semaine dernière.

Plus forte perte de l'indice Stoxx Europe 600, le groupe allemand de produits de grande consommation Henkel a laissé 5,25% après avoir annoncé s'attendre à une croissance ralentie au second semestre en raison des tensions en Russie et au Moyen-Orient.

Alors que la saison des résultats tire à sa fin en Europe, les sociétés composant l'indice Stoxx Europe 600 ont publié des bénéfices trimestriels en hausse de 9,7% en moyenne. En revanche, les chiffres d'affaires ont diminué de 1,1%, attestant d'une reprise économique qui reste molle sur le Vieux Continent.

Pour Joost Van Leenders (BNP Paribas Investment Partners), il n'y a toutefois pas lieu de sombrer dans le pessimisme. "Pour ce qui est de la sous-performance, c'est fait, on a vu; il n'y a pas de nouvelle évolution négative et l'économie commence à s'en tirer pas trop mal", observe-t-il. "Il se peut bien qu'on ait vu le maximum de cette correction".

Le joaillier Pandora a publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et a relevé sa prévision de C.A. de 2014, ce qui a permis à son action de terminer la journée sur un gain de 8,26%, le plus élevé de l'indice Stoxx Europe 600.

Une situation géopolitique tendue est en principe un plus pour le marché pétrolier mais les contrats sur le Brent et le WTI n'en sont pas moins en recul car même si la situation de plusieurs pays producteurs est "plus que jamais à risque", selon les termes de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'offre est abondante et le bassin Atlantique serait même en saturation.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)

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