Les Bourses européennes rebondissent, rassurées par Bernanke

le
0
LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES
LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES

PARIS (Reuters) - Soutenues par l'engagement de la Réserve fédérale américaine à poursuivre sa politique de soutien à la croissance, les Bourses européennes ont rebondi mercredi en clôture après leur forte correction de la veille, tandis que l'euro s'est repris après le relatif succès de la première adjudication de dette à moyen-long terme du Trésor italien depuis les élections législatives de dimanche et lundi.

Les coûts de financement de l'Italie ont augmenté lors de cette adjudication très attendue mais l'opération est loin d'avoir été boudée par les investisseurs.

À Paris, l'indice CAC 40 a terminé sur un rebond de 1,92% à 3.691,49 points, après avoir chuté de 2,67% la veille. Le Footsie britannique a repris 0,88% et le Dax allemand 1,04%.

La Bourse de Milan, en baisse de 4,89% mardi, est remontée de 1,77% et l'indice EuroStoxx 50 a regagné 1,61% au lendemain d'une perte de 3,07%, soutenu par les secteurs cycliques et bancaire qui avaient été affectés la veille par l'impasse italienne.

Le président de la Fed, Ben Bernanke, a rassuré les investisseurs et inversé la tendance sur les marchés en affirmant, lors de ses auditions semestrielles devant le Congrès américain mardi et mercredi, que les avantages de la politique d'achats d'obligations de la banque centrale américaine restaient nettement supérieurs à ses inconvénients et qu'une majorité significative du comité de politique monétaire y était favorable.

Le compte-rendu de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Fed avait provoqué des craintes d'une fin prématurée du programme d'assouplissement quantitatif (QE3) en cours, déclenchant une première correction sur les marchés la semaine dernière.

L'absence de majorité claire à l'issue des élections législatives italiennes de dimanche et lundi avait ensuite achevé de fragiliser les marchés d'actions, dans la crainte de voir l'impasse politique en Italie relancer la crise de la dette en zone euro.

La séance a aussi été animée par les résultats de plusieurs sociétés européennes.

EADS a fini en hausse de 6,53% après avoir annoncé tabler sur une nouvelle amélioration de sa rentabilité en 2013, portée par des livraisons record d'Airbus, le programme du futur long-courrier A350 demeurant le seul risque potentiel majeur du groupe.

Bouygues a pris 13,23%, plus forte hausse du CAC 40, après avoir annoncé une croissance supérieure aux attentes en 2012 et une prévision de chiffre d'affaires quasiment stable pour cette année, les difficultés persistantes de la branche télécoms depuis l'arrivée de Free devant être compensées par la bonne résistance du BTP.

Sur le marché obligataire, le rendement des titres à 10 ans italiens s'est détendu, à 4,81% contre 4,9% la veille au soir, après son accès de tension de la veille, tandis que les futures sur le Bund sont restées bien orientés dans un marché encore dominé par la prudence.

Sur le marché des changes, l'euro est en légère hausse, juste au-dessus de 1,31 dollar, après avoir inscrit un plus haut du jour de 1,3123 dollar, favorisé par l'adjudication italienne et par l'amélioration de la confiance des ménages et des entreprises de la zone euro.

Mais les stratèges estiment que l'euro risque de subir de nouvelles pertes si les politiques italiens n'arrivent pas à constituer une coalition ou si un nouveau scrutin est organisé.

"Je continue à penser que (l'euro) a touché ses plus hauts à court terme et que nous devons nous préparer à une petite correction", estime Michael Hewson, analyste chez CMC Markets. "En gros, l'Italie ne devrait pas avoir de gouvernement sous quelque forme que ce soit pendant les deux ou trois mois à venir. Il faut donc être défensif et réduire son exposition au risque."

Les contrats pétroliers sont hésitants après l'annonce d'une hausse moins forte que prévu des stocks de pétroles aux Etats-Unis . Le Brent se maintient autour de 112,65 dollars le baril et le brut léger US reprend 0,5% à plus de 93 dollars.

Outre les stocks, les élections italiennes et les déclarations de Ben Bernanke, le pétrole réagit au fait que les négociations entre les six grandes puissances et l'Iran sur le programme nucléaire de Téhéran se sont achevées sans avancée majeure visible à Almaty. Les parties ont toutefois convenu de se retrouver en mars et avril pour de nouvelles discussions.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant