Les Bourses européennes finissent en recul

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Les Bourses européennes finissent en recul
Les Bourses européennes finissent en recul

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi, les investisseurs doutant de la capacité des dirigeants européens à juguler la crise lors du sommet de l'Union européen qui se tient jusqu'à vendredi.

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,37% à 3.051,68 points. Le Footsie britannique a cédé 0,56% et le Dax allemand 1,27%, tandis que l'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 reculait de 0,50%.

Les Bourses de Milan (+0,67%) et Madrid (+0,82%) ont fait figure d'exception, bénéficiant des spéculations sur le fait que les fonds d'urgence de la zone euro pourraient acheter de la dette italienne ou espagnole.

Le sommet européen devrait permettre de dégager les grandes lignes d'une union budgétaire, financière et politique à venir et pourrait approuver une série d'initiatives visant à favoriser une relance de la croissance en Europe.

Les dirigeants de l'Union européenne devraient notamment discuter de la possibilité de voir les fonds d'urgence de la zone euro acheter de la dette italienne ou espagnole lors de l'émission de ces titres afin de faire baisser les coûts de financement supportés par Rome et Madrid, ont déclaré jeudi des responsables européens.

Mais de nombreux points d'achoppement subsistent. Les places boursières européennes, qui avaient ouvert en hausse, sont ainsi reparties à la baisse après que le ministère allemand des Finances a démenti en début d'après-midi un article de presse suggérant que Berlin avait édulcoré son opposition à la création d'euro-obligations.

"La prise de conscience que les déclarations et la rhétorique (d'Angela) Merkel ne vont pas dans le sens d'un effort coordonné en vue de résoudre la crise de la dette a un impact négatif sur les marchés", souligne Joe Neighbour, trader chez Central Markets.

Par ailleurs, les statistiques du jour ont confirmé l'essoufflement des grandes économies développées. Aux Etats-Unis, la croissance du premier trimestre a été confirmée à 1,9%. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont néanmoins diminué aux Etats-Unis lors de la semaine au 23 juin, à 386.000 contre 392.000 (révisé) la semaine précédente. et

En Europe, les valeurs bancaires européennes (-2,36%) ont clairement plombé la tendance. Une source gouvernementale allemande a dit sous couvert d'anonymat que Berlin restait opposé à l'usage des fonds de renflouement pour recapitaliser les banques tant que la surveillance financière se situe au niveau national et non pas européen.

Barclays a chuté de 15,53%. La banque paiera 453 millions de dollars (362 millions d'euros) aux autorités américaines et britanniques pour mettre fin à l'amiable aux poursuites pour manipulation du taux d'intérêt interbancaire offert à Londres (Libor).

Les futures sur Bund ont grimpé, dans un nouvel accès d'aversion au risque à l'occasion du sommet européen, et le rendement du Bund était stable vers les 1,51%.

Parallèlement, les taux obligataires italiens résistaient aux pressions. Le rendement du papier à 10 ans se repliait de deux points de base, à 6,19%.

L'Italie a adjugé jeudi 5,423 milliards d'euros de dette à moyen et long termes, sur des échéances 2017 et 2022, en haut de la fourchette que Rome espérait lever, à des taux en hausse.

Le rendement de l'emprunt d'Etat espagnol à 10 ans était en légère baisse, à 6,91%, après être repassé un temps dans la journée au-dessus de la barre symbolique des 7%.

L'euro se repliait face au dollar pour la quatrième journée consécutive, autour de 1,2430 dollar, après avoir touché un plus bas en séance à 1,2408 dollar, son plancher depuis le 4 juin.

La devise unique était pénalisée par les doutes concernant la capacité des dirigeants européens à trouver une issue à la crise lors du sommet à Bruxelles.

Toutefois, les cambistes soulignent que les faibles attentes du marché concernant le sommet laissent la porte ouverte à d'éventuelles bonnes surprises qui pourraient profiter à l'euro.

Le Brent retombait sur le seuil des 92 dollars le baril, les inquiétudes croissantes face à l'aggravation de la crise de la dette en zone euro éclipsant des tensions sur l'offre en provenance de la mer du Nord.

Blandine Hénault pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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