Les Bourses européennes finissent en ordre dispersé

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LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES
LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES

PARIS/LONDRES (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé plutôt en hausse mardi, à la faveur d'un rebond des valeurs énergétiques porté par une remontée des cours du brut lundi après que ces derniers furent tombés à leur niveau le plus bas en cinq ans.

Toutefois, les contrats pétroliers étaient à nouveau dans le rouge au moment de la clôture des places européennes, cédant plus de 1%. Les cours du brut ont chuté de 40% depuis le mois de juin, en raison du déséquilibre entre une demande faible et une offre surabondante.

A Paris, l'indice CAC 40 a gagné 10,97 points (0,25%) à 4.388,30, terminant loin de son plus haut du jour à 4.422. Le FTSE londonien a pris 1,29% mais le Dax allemand a cédé 0,30%, avec deux de ses composantes, RWE et Bayer, qui ont accusé les plus forts reculs de l'indice EuroStoxx 50. L'indice Eurofirst 300 progresse de 0,49% et l'EuroStoxx 50 avance de 0,16%.

L'indice pétrolier et gazier européen a gagné 3,27%, soit la plus forte hausse sectorielle, mais il n'en reste pas moins en baisse de plus de 20% depuis juin.

En dépit du maelström qui agite le secteur pétrolier, et qui touche plus particulièrement les sociétés parapétrolières, gérants et stratèges s'accordent à penser que celui-ci aura un impact positif à long terme sur la croissance mondiale.

"Chaque fois que le pétrole perd 10 dollars, l'impact sur la croissance des économies développées est de l'ordre de 0,2% en moyenne", relève Mathieu L'Hoir, stratège d'Axa Investment Managers.

Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international, avait pareillement estimé lundi que les économies développées importatrices de pétrole devraient se réjouir de la situation. Une chute de 30% des cours pourrait signifier 0,8% de croissance en plus pour les Etats-Unis, l'Europe, le Japon ou la Chine, avait-elle dit.

Cette évolution est en revanche préoccupante pour les régions où plane le spectre de la déflation, comme la zone euro, dont l'inflation annuelle n'est que de 0,3%.

A Wall Street, la hausse des cours est plus nette, portée par une poignée d'opérations de fusion-acquisition. Ici aussi, le secteur de l'énergie semble se reprendre avec un indice sectoriel en hausse de 1,2%, la plus forte parmi les dix principaux secteurs économiques de l'indice S&P.

BP (+4,67%) a figuré parmi les grosses hausses de la journée en Europe, et la deuxième de l'indice Eurofirst 300, en raison de rumeurs relatives à un intérêt que lui prêterait son concurrent Royal Dutch Shell, lequel a fini sur un gain de 4,1%.

Dans le contexte actuel de chute des cours, les opérations de fusion-acquisition dans le secteur pétrolier et gazier représentent 369 milliards de dollars depuis le début de l'année, ce qui ne s'était plus vu depuis les années 1970, selon des données de Thomson Reuters.

Contre la tendance, le parapétrolier italien Saipem et le sidérurgiste allemand Salzgitter ont cédé 10,8% et 7,4% respectivement, après que la Russie eut renoncé à son projet de gazoduc South Stream. La Commission européenne a toutefois fait savoir mardi qu'elle poursuivrait le 9 décembre les discussions sur ce projet.

Saipem est la plus forte perte de l'indice FTSEurofirst 300.

Les péripéties du marché pétrolier permettent au dollar de rebondir et d'atteindre face à un panier de devises un pic de quatre ans et demi. Le billet vert progresse aussi face aux devises liées aux matières premières comme la couronne norvégienne par exemple.

Le fait que le vice-président de la Réserve fédérale Stanley Fischer et le président de la Fed de New York William Dudley aient dit lundi que la morosité des prix pétroliers n'affecterait que momentanément les prix aux Etats-Unis continue de jouer en faveur du dollar.

Sur le marché obligataire, le rendement du Bund à 10 ans est en hausse de 3 points de base à 0,75%. Le marché joue la prudence, dans l'attente de la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la publication le lendemain de la statistique de l'emploi américaine de novembre.

(Avec Blaise Robinson et Sudip Kar-Gupta, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)

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