Les Bourses européennes finissent en baisse à cause de Chypre

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LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES
LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont fini en baisse à l'unisson mardi, plombées par les craintes liées à la crise à Chypre qui ont aussi eu raison d'une tentative de rebond de Wall Street.

Les marchés ont accentué leurs pertes en fin de séance dans l'anticipation d'un rejet par le Parlement chypriote du plan d'aide proposé au pays, ce qui risquerait d'entraîner des faillites bancaires avec des conséquences imprévisibles pour le reste de la zone euro.

Une rumeur de démission du ministre chypriote des Finances a ajouté à la nervosité.

À Paris, l'indice CAC 40 a fini en baisse de 49,72 points ou 1,30% à 3.775,75,42 points, pénalisé par sa forte exposition aux banques. Moins exposée au secteur, la Bourse de Londres a mieux résisté avec un repli limité à 0,26% pour l'indice FTSE-100, alors que le Dax-30 a cédé 0,79% à Francfort et le marché suisse 0,52%.

Madrid a encore lâché 2,2% et Milan 1,59%, tandis que la Bourse chypriote est restée fermée et le sera encore mercredi.

Parmi les indices paneuropéens, l'EuroStoxx 50 a abandonné 1,24% et le FTSEurofirst 300 0,40%.

"C'est peut-être un feu de paille mais cela vient nous rappeler que la situation en Europe n'est pas réglée. C'est peut-être le début d'une correction comme celles qu'on a connues aux printemps 2011 et 2012", estime Andrew Milligan, responsable de la stratégie chez Standard Life Investments à Edimbourg.

Les financières ont tiré les Bourses à la baisse avec une chute de 3,88% de l'indice sectoriel des banques. CaixaBank (-5,87%) et Crédit Agricole(-5,66%) ont fini en tête des baisses de l'Eurofirst 300 et BBVA (-4,78%), Deutsche Bank (-4,35%) et BNP Paribas (-4,2%) ont trusté les plus mauvaises places de l'EuroStoxx 50.

Le secteur européen des ressources de base (-2,49%) a aussi pesé sur la tendance, dans la crainte d'une baisse des prix du minerai de fer. Les groupes miniers Rio Tinto et BHP Billiton ont perdu respectivement 5,19% et 3,53% à Londres, tandis que le sidérurgiste ArcelorMittal a cédé 3,47% à la Bourse d'Amsterdam.

Autre baisse notable, ThyssenKrupp a chuté de 5,47% après une information de presse selon laquelle le sidérurgiste allemand prépare augmentation de capital de plus d'un milliard d'euros.

A Paris, Michelin a perdu 2,80% après son point mensuel sur le marché du pneumatique qui fait apparaître un nouveau recul à deux chiffres en Europe.

Contre la tendance, Iliad a gagné 5,21% à Paris en réaction à ses résultats et Ryanair a pris 4,31% à Dublin après l'annonce d'une méga-commande à Boeing qui lui permettra de renforcer sa domination dans le ciel européen.

Sur le marché des changes, l'euro a accentué son recul en fin de séance en réaction aux rumeurs de démission du ministre chypriote. La monnaie unique a reculé jusqu'à 1,2858 dollar et se traitait vers 16h30 GMT à 1,2882, en baisse de 0,45% sur la journée et de plus de 2% depuis le début de l'année.

Le regain d'incertitude a profité aux fonds d'Etat allemands. Les futures sur le Bund gagnaient environ 70 points de base en fin de journée et le rendement du papier à deux ans est passé en territoire négatif pour la première fois depuis le début janvier.

"Les marchés se réveillent et comprennent que tout cela est sérieux. On est dans un scénario type de panique et d'aversion au risque", résume un trader.

Le regain d'inquiétude a aussi pesé sur les cours du pétrole, tombés à des plus bas en près de trois mois. Le Brent cédait 1,17% à 108,23 dollars au moment de la clôture européenne, après un creux à 107,88.

Véronique Tison pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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