Les Bourses européennes finissent dans le rouge

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LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES
LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse mardi, en réaction à la statistique de la confiance du consommateur américain mais aussi et surtout au recul de Total, qui a décroché et entraîné les valeurs de l'énergie dans sa chute.

À Paris, le CAC 40 affiche une perte de 0,92% à 3.469,59 points. Ailleurs en Europe, Francfort a fini stable (0,00%), Madrid a perdu 1,03%, Londres 0,56% et l'EuroFirst 300 0,50%.

Dans la foulée de Total, qui perd 6%, les valeurs européennes du pétrole et du gaz réalisent la plus mauvaise performance sectorielle de la journée, avec une perte de 2,37%.

Le marché s'inquiète des conséquences de la fuite de gaz survenue dimanche sur la plate-forme Elgin-Franklin du pétrolier français en mer du Nord.

La confiance du consommateur américain a fléchi en mars et ses anticipations d'inflation n'ont jamais été aussi élevées depuis 10 mois, selon l'indice du Conference Board publié mardi.

Wall Street pour sa part marque une pause, manquant d'allant au lendemain d'une hausse à des pics de près de quatre ans. Pour autant, l'indice S&P 500 est bien parti pour inscrire sa plus solide performance trimestrielle depuis 2009.

Les marchés ont également pris connaissance d'une autre statistique américaine relativement morose. Les prix des maisons individuelles n'ont pas varié en janvier, laissant penser que ce secteur en difficulté peine à remonter la pente, montre l'indice S&P Case-Shiller publié mardi.

Total accuse lui sa plus forte perte depuis décembre 2008, au terme d'échanges qui ont représenté un volume de cinq fois et demi sa moyenne quotidienne à 90 jours.

"Ca rappelle la marée noire de BP dans le Golfe du Mexique en 2010. Difficile de connaître l'ampleur des dégâts à ce stade mais dans le doute, il vaut mieux vendre. L'action BP ne s'en est jamais remise", dit un trader basé à Paris.

BG, qui a une participation de 14% environ dans le gisement Elgin, a perdu 2,9%.

Philippe Gijsels (BNP Paribas Fortis Global Markets) souligne que les ajustements de portefeuilles de fin de trimestre ont amplifié les gains de l'indice FTSEurofirst 300, ce qui le rend vulnérable. "C'est le jeu habituel de fin de mois, qui impose une pression haussière à la cote et rend le marché très suracheté. Je pense que le début du prochain trimestre verra des prises de bénéfice", dit-il.

Pour Lynden Branigan (Barclays Capital), il faudrait que le FTSEurofirst 300 plonge en deçà des 1.050 points pour briser la tendance haussière. Mais il est relativement optimiste et voit un intérêt acheteur se manifester entre 1.069 et 1.072, le plus bas de vendredi et la moyenne mobile sur 50 jours respectivement, avec une résistance à 1.109, le pic de mars.

L'Italie et l'Espagne ont vendu de la dette sans souci mardi, ce qu'on peut interpréter comme une marque de confiance du marché envers leur aptitude à redresser leurs finances publiques et à se réformer.

L'Italie a placé 3,8 milliards d'obligations à coupon zéro à deux ans avec un rendement de 2,35%, au plus bas depuis novembre 2010, contre 3,01% lors de l'opération précédente.

L'Espagne a vendu 2,6 milliards d'euros de bons du Trésor à trois et six mois à des rendements évoluant en sens inverse l'un de l'autre.

Le papier italien a toutefois souffert sur le marché secondaire peu après l'adjudication, les traders expliquant que l'adjudication étaient intervenue trop tôt après la grosse adjudication de 7,3 milliards d'euros d'obligations indexées la semaine dernière.

Le dollar progresse un peu contre l'euro et de manière plus marquée face au yen, conservant ses gains en dépit d'une statistique de confiance du consommateur terne.

Cette hausse intervient dans un marché heurté et peu fluctuant, les cambistes jaugeant avec prudence les propos tenus la veille par le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke.

La croissance de l'économie américaine devra s'accélérer pour que les créations d'emplois fassent reculer davantage le taux de chômage, a déclaré lundi Ben Bernanke.

Les cours du pétrole se sont retournés à la baisse après que Bloomberg, citant un fonctionnaire du secteur de l'énergie, eut rapporté que les Etats-Unis envisageaient de puiser dans les réserves stratégiques.

Des responsables américains disent depuis des mois que puiser dans les réserves est l'un des choix possibles pour traiter les perturbations du marché. Reuters a rapporté ce mois-ci que Londres était près de collaborer avec Washington pour tirer sur les réserves stratégiques dans le courant de l'année.

Aucune précision n'était disponible sur l'information de Bloomberg, dont ne sait pas si elle signale un changement de ton ou d'intention de la part du gouvernement américain.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Jean Décotte

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