Les Bourses européennes clôturent dans le désordre

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Les Bourses européennes clôturent dans le désordre
Les Bourses européennes clôturent dans le désordre

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé lundi sur une note stable voire en légère baisse pour certaines, l'enthousiasme lié à l'accord intervenu ce week-end en vue de recapitaliser le système bancaire espagnol s'étant dissipé au fil de la journée.

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,29% (8,93 points) à 3.042,76 points. Le Footsie britannique a reculé de 0,05% et le Dax allemand est parvenu à conserver un gain de 0,17%. L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 était peu changé (+0,08%).

Les ministres des Finances de la zone euro ont convenu samedi de prêter jusqu'à 100 milliards d'euros à l'Espagne afin de lui permettre de renflouer ses banques en difficulté.

Mais certains économistes et analystes sont déjà dubitatifs sur la réelle portée de l'accord, qui ne concerne que la recapitalisation des banques espagnoles. "Il y a trop peu de détails, nous ne savons pas d'où l'argent va provenir, dans quels termes il va être accordé, et combien l'Espagne va demander sur le long terme", a indiqué un trader.

"Les prêts de l'UE (Union européenne) aux banques espagnoles sont-ils suffisants pour garantir le financement de l'Espagne à des niveaux attractifs ? Nous ne le pensons pas", écrivaient de leur côté Ciaran O'Hagan et Vincent Chaigneau, stratèges taux chez Société générale.

De fait, l'accalmie a été de courte durée sur l'euro et le marché obligataire, la monnaie unique reculant à nouveau face au dollar tandis que les taux espagnols repartaient à la hausse.

L'Italie semblait même désormais dans le viseur des opérateurs de marché alors que les valeurs bancaires italiennes ont chuté et que les rendements obligataires sont repassés au-dessus des 6%.

La prudence reste d'autant plus de mise que la perspective des élections législatives en Grèce, qui auront lieu le 17 juin, se rapproche. Ces élections sont jugées cruciales pour l'avenir du pays dans la zone euro.

Les marchés d'actions européens ont effacé la majeure partie de leurs gains après avoir touché des plus hauts de quatre semaines. Signe des doutes qui ont regagné les investisseurs, les valeurs bancaires ont terminé en baisse, leur indice paneuropéen cédant 0,62% après avoir gagné plus de 2% en séance. Les valeurs bancaires italiennes ont été particulièrement attaquées : Banco Popolare a reculé de 5,92%, BMPS de 5,25% , Mediobanca de 5,64% et BP Milano de 4,82%.

De même, l'indice de volatilité Vix, considéré comme un baromètre de la peur sur les marchés, progressait à plus de 21 points, alors qu'il était retombé sous sa moyenne historique de 20.

La détente sur les taux obligataires espagnols a fait long feu alors que les investisseurs se demandent comment le plan de renflouement des banques espagnoles va être mis en place et s'il suffira à résoudre les problèmes.

Après avoir baissé jusqu'au seuil de 6%, le rendement de l'emprunt espagnol à 10 ans se tendait à nouveau de près de trois points de base, à 6,5%.

Parallèlement, le rendement des obligations italiennes à 10 ans atteignait à nouveau le seuil des 6%.

A l'inverse, celui du Bund allemand, considéré comme une valeur refuge, reculait de près de trois points de base, à 1,3%.

L'euro reculait à nouveau face au dollar, après avoir touché un plus haut de trois semaines contre le billet vert à l'annonce d'une aide européenne aux banques espagnoles.

La monnaie unique retombait ainsi proche du seuil de 1,25 dollar, les cambistes restant inquiets des élections législatives à venir en Grèce.

Le marché pétrolier est reparti à la baisse, le Brent retombant sur le seuil de 98 dollars le baril, après être un instant repassé au-dessus des 102 dollars en réaction à l'accord pour l'Espagne.

La remontée du dollar explique en partie ce repli des cours du brut. Les inquiétudes persistantes sur la zone euro et sur l'état de santé des économies de la Chine et des Etats-Unis, les deux plus gros pays consommateurs d'or noir, sont d'autres éléments d'explication.

"Bien que le fait d'éviter une faillite des banques en Espagne soit une bonne chose, les investisseurs réalisent que les Italiens vont être probablement les prochains à demander de l'aide, ce n'est donc pas une surprise sur les cours du brut reculent à nouveau", a estimé Phil Flynn, analyste chez Price Futures Group.

Blandine Hénault pour le service français, édité par Natalie Huet

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