Les Bourses européennes chutent à nouveau

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PARIS/LONDRES (Reuters) - Les Bourses européennes ont chuté jeudi, pour terminer à leurs plus bas niveaux en deux ans et demi, plombées par un nouveau plongeon des valeurs bancaires et des ressources de base, dans un climat d'inquiétude quant à la santé de l'économie mondiale.

Les déclarations de la présidente de la Réserve fédérale américaine Janet Yellen mercredi et jeudi devant le Congrès n'ont pas rassuré les investisseurs. Elle a pris acte du resserrement des conditions financières et de l'incertitude sur la Chine, avec les risques que cela fait peser sur l'économie américaine, tout en laissant la porte ouverte à de nouvelles hausses de taux.

À Paris, l'indice CAC 40 a terminé en baisse de 4,05% (164,49 points) à 3.896,71 points, son plus bas niveau depuis juillet 2013. Le Footsie britannique a perdu 2,39% et le Dax allemand 2,93%, tandis que l'indice EuroStoxx 50 a chuté de 3,9% et le FTSEurofirst 300 de 3,4%, à son plus bas depuis début septembre 2013.

L'indice paneuropéen avait interrompu mercredi une série de sept séances de pertes. Mais il a reculé de 11% depuis le début du mois et s'apprête à accuser sa plus forte perte mensuelle depuis 2008. Sur l'année, il est en repli de 17%.

Les bancaires ont effacé la totalité de leur rebond amorcé la veille, en raison des craintes persistantes de dégradation de leur rentabilité et de leur solvabilité face à la détérioration des perspectives de croissance.

L'indice bancaire a perdu 6,26%, plus net repli sectoriel en Europe, après avoir touché en séance un plus bas depuis août 2012. Le secteur a cédé 9,55% depuis le début de la semaine et plus de 28% depuis le début de l'année.

A Paris, les résultats inférieurs aux attentes de la Société générale, qui n'a en outre pas confirmé son objectif de rentabilité des fonds propres pour 2016, sont venus s'ajouter à un contexte général déjà très défavorable. L'action de la banque française a chuté de 12,57%.

En Suède, Svenska Handelsbanken, Swedbank et Nordea Bank ont décroché de 4,3% à 4,7% après la décision de la banque centrale suédoise d'abaisser son taux directeur.

Les taux négatifs pratiqués désormais par plusieurs des grandes banques centrales pèsent sur la rentabilité des établissements de crédit.

Natixis a fait exception avec un gain de 5,56% au lendemain de l'annonce de résultats et d'un dividende meilleurs qu'attendu.

Publicis a été la seule valeur du CAC a finir dans le vert, avec un gain de 1,76% après un quatrième trimestre meilleur que prévu.

Sur le marché du pétrole, le baril de Brent perd 1% à 30,50 dollars, affecté par des stocks de brut record aux Etats-Unis, l'inquiétude sur l'évolution de la demande mondiale et une note de Goldman Sachs prédisant que les cours resteront bas et le marché volatil jusqu'au second semestre de cette année.

Le dollar a atteint son plus bas niveau depuis octobre 2014 face au yen, qui profite, comme l'or et la dette souveraine des pays les plus sûrs, de son statut de valeur refuge. Les rendements de certaines obligations du Trésor américain sont à leur plus bas niveau depuis le mois d'août 2012.

(Kit Rees et Alistair Smout, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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