Les Bourses européennes accentuent leurs pertes à la mi-séance

le
0
LES BOURSES EUROPÉENNES DANS LE ROUGE À LA MI-SÉANCE
LES BOURSES EUROPÉENNES DANS LE ROUGE À LA MI-SÉANCE

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont accentué leurs pertes jeudi à mi-séance et Wall Street est attendu sur une note stable, les marchés étant plus ou moins déstabilisés par la crise financière de Chypre et affectés par une nouvelle contraction inattendue de l'activité en zone euro.

La contraction de l'économie de la zone euro s'est encore accentuée ce mois-ci, même avant l'annonce du plan de sauvetage chypriote, marquant une divergence toujours aussi importante entre l'Allemagne et la France, au vu des premiers résultats de l'enquête mensuelle Markit de mars auprès des directeurs d'achats du secteur privé.

À Paris, l'indice CAC 40 perd 1,13% à 3.786,63 points vers 12h05 GMT. À Francfort, le Dax cède 0,87% et à Londres, le FTSE recule de 0,8%. L'indice paneuropéen EuroStoxx 50 accuse une perte de 0,8% également.

Philippe Gijsels, responsable de la recherche chez BNP Paribas Fortis Global Markets, a toutefois atténué la portée des indices PMI, soulignant leur propension à la volatilité.

"C'est une lecture (de la conjoncture) ; il faudrait de nombreuses confirmations dans les deux mois à venir pour être sûr que les choses se sont dégradées (...) mais il est clair que cela suffit, dans le contexte actuel de crise à Chypre, pour faire peur aux marchés", dit-il.

La zone euro perd patience et Chypre est désormais sommée de hâter le pas pour trouver une solution qui conviendra à ses partenaires européens, faute de quoi les banques du pays risqueront l'asphyxie dès lundi au risque d'un effondrement financier complet. Le coup de semonce intervient alors que Nicosie tente d'élaborer un plan B pour réunir des fonds après l'échec d'un premier projet reposant sur une taxation des dépôts rejeté par les parlementaires.

La baisse des cours a toutefois été limitée par les bons indicateurs d'activité manufacturière en Chine publiés ce matin et l'engagement de la Réserve fédérale à prolonger sa politique monétaire ultra-accommodante, tant que le chômage restera à un niveau jugé trop élevé.

La croissance du secteur manufacturier chinois s'est accélérée en mars, suivant l'indice PMI HSBC des directeurs d'achats dont la première estimation a été publiée jeudi.

La Réserve fédérale a annoncé mercredi qu'elle poursuivrait ses rachats d'actifs au rythme actuel de 85 milliards de dollars par mois, malgré l'amélioration de la conjoncture américaine, au vu d'un taux de chômage toujours élevé.

Les futures sur indices signalent une ouverture de Wall Street entre +0,01% et -0,01% de variation, après que le Dow Jones a atteint un nouveau record en séance la veille à 14.546,82 points à la suite de décisions et commentaires de la Fed jugés au mieux pour les marchés.

Les valeurs cycliques, notamment l'automobile (-2,25%), essuient les plus fortes baisses après les indices PMI européens décevants, alors que les valeurs défensives résistent.

Aux valeurs, l'allemand Lanxess (-7%), spécialisé dans la production de caoutchouc, essuie la plus forte baisse du Stoxx 600 en Europe, après avoir lancé un avertissement sur ses résultats du premier trimestre, victime des difficultés de l'industrie automobile européenne. L'indice de la chimie (-1,6%) accuse l'une des plus fortes baisses sectorielles en Europe, avec des pertes respectives de 2% et 1,4%.

L'euro retombe vers 1,29 dollar dans la crainte de voir la crise de la zone euro se raviver.

Sur le marché obligataire, le Bund allemand stagne. L'Espagne a adjugé jeudi pour 4,5 milliards d'euros d'obligations, avec un coût de financement en baisse, les investisseurs estimant que la crise chypriote n'aura que des incidences minimes.

Cette bonne adjudication a eu pour effet immédiat de faire baisser les rendements obligataires espagnols. Le rendement espagnol à 10 ans perd ainsi 11 points de base à 4,89%.

Les cours du Brent s'inscrivent en baisse, retombant vers les 108 dollars le baril, affectés par les craintes que provoque la crise chypriote sur l'évolution de la demande.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant