« Les bouchons, toute une mythologie »

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« Les bouchons, toute une mythologie »
« Les bouchons, toute une mythologie »

Coauteur de « Vive la route ! Vive la République » (Ed. de l'Aube), Mathieu Flonneau rappelle que Bison futé est né juste après les grands embouteillages des années 1970, symboles de l'âge d'or de l'auto de papa.

D'où vient cette crainte du grand embouteillage à chaque grand départ ?

MATHIEU FLONNEAU. Elle plonge ses racines dans les années 1960-1970 quand la France bascule dans l'ère de l'automobile avant que n'existent les infrastructures adaptées. Lors du premier week-end d'août 1975, il y a eu 600 km de bouchons cumulés sur la N 10 vers l'Espagne : des dizaines de milliers d'automobilistes sont restés coincés pare-chocs contre pare-chocs entre Paris et Bayonne. Cet épisode mémorable a provoqué la création, l'été suivant, d'un service d'information routière popularisé sous les traits du petit chef indien Bison futé.

A quoi sert encore Bison futé ?

A plus grand-chose. Bison futé, c'était l'ange gardien qui conseillait des itinéraires bis, prévenait d'un accident en temps réel. Ce service a accompagné la politique de réduction de la mortalité sur les routes, mais il a fini par être concurrencé par les applications mobiles (lire encadré page 3). La fin de Bison futé est symptomatique d'une dilution du pouvoir régalien sur l'information routière. Elle a aussi coïncidé avec un changement des habitudes de congé. Avant, il y avait les juillettistes et les aoûtiens. Ce grand chassé-croisé a aussi vécu. Désormais, avec les RTT, le phénomène des bouchons est lissé tout au long de l'année et il s'agit plus d'encombrements que de véritables embouteillages.

Que reste-t-il des grands bouchons des années 1970 ?

Toute une mythologie ! Mais pas seulement. Autour de la carte des grands départs en vacances a émergé une carte de tourisme gastronomique avec, par exemple, le restaurant des Troisgros au bord de la N 7. Une certaine nostalgie entoure cette période de l'auto de papa où les vacances avaient un ...

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