Les Boeing 787 cloués au sol après plusieurs incidents

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BOEING 787 : INCIDENTS À RÉPÉTITION
BOEING 787 : INCIDENTS À RÉPÉTITION

WASHINGTON (Reuters) - Les compagnies aériennes ayant dans leur flotte des Boeing 787 s'efforçaient jeudi de réorganiser leurs vols après la demande de l'aviation civile américaine de bloquer au sol les Dreamliner en raison d'incidents à répétition ces derniers jours.

Les autorités de régulation de l'aviation civile américaine ont demandé à toutes les compagnies de cesser, de manière temporaire, de faire voler l'avion.

Boeing a vendu environ 850 appareils de ce type, dont 50 ont été livrés à ce jour. Près de la moitié d'entre eux -24- sont basés au Japon, mais des compagnies en Inde, en Amérique du Sud, en Pologne, au Qatar et en Ethiopie en possèdent également.

La Federal Aviation Authority (FAA) a motivé sa décision par le fait qu'une défaillance d'une batterie lithium ion a été à l'origine de deux de ces incidents.

Selon la FAA, ces défaillances pourraient endommager les systèmes et les structures critiques du 787, voire provoquer un incendie, si elles ne sont pas corrigées.

Le régulateur estime que les compagnies aériennes devront démontrer la fiabilité de ces batteries avant que les vols du Dreamliner ne puissent reprendre.

La FAA ajoute qu'elle travaillera de concert avec Boeing et les compagnies aériennes pour mettre au point un plan visant à corriger les défauts en vue d'une reprise des opérations de vol "aussi vite que possible".

Le constructeur américain a réagi en affirmant être prêt à mettre à la disposition de l'administration "toutes les ressources de la compagnie" et s'est dit "déterminé à soutenir la FAA pour trouver des réponses aussi rapidement que possible".

L'avionneur américain ajoute dans un communiqué que la sécurité des passagers et membres d'équipage qui volent à bord d'un de ses appareils est sa "priorité la plus élevée".

De son côté, la compagnie United Airlines a annoncé mercredi qu'elle mettait immédiatement en pratique la recommandation de l'autorité de régulation concernant le Dreamliner.

La compagnie a également précisé que les passagers, dont le déplacement devait s'accomplir sur un 787, seraient transportés sur d'autres types d'appareils.

PAS DE PERSPECTIVE CLAIRE

L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a annoncé qu'elle allait mettre en application les recommandations de la FAA et suspendre les vols de 787, ce qui concerne uniquement la compagnie polonaise LOT, seule en Europe à utiliser ce type d'appareil.

De son côté, Air India a suspendu l'utilisation des six Dreamliner de sa flotte. "Pour l'instant, nous n'avons pas de perspective claire sur le retour en service des Dreamliner", a dit le directeur général de l'aviation civile indienne. "Boeing doit satisfaire tout le monde avec des critères sécurité".

Les deux principales compagnies aériennes japonaises ont suspendu mercredi les vols de Boeing 787 Dreamliner après un nouvel incident, un appareil de ce type ayant dû atterrir d'urgence dans l'ouest du Japon.

Pour All Nippon Airlines (ANA), le maintien des 787 au sol coûtera à la compagnie, plus de 1,1 million de dollars (825.000 euros) par jour, a estimé Mizuho Securities.

Le recours à une nouvelle technologie de batteries fait partie des innovations destinées à réduire le coût de fabrication du 787 qui, selon Boeing, consomme 20% de carburant en moins que ses concurrents utilisant une technologie plus ancienne.

Les batteries lithium ion peuvent prendre feu en cas de surcharge et une fois enflammées sont très difficiles à éteindre car elles produisent alors de l'oxygène qui entretient la combustion, a expliqué l'ingénieur en chef de Boeing pour le 787, la semaine passée.

L'avionneur américain a prévu de construire 1.100 appareils de ce type au cours de la prochaine décennie, mais les analystes estiment qu'il pourrait ne jamais tirer le moindre bénéfice de cet appareil en raison de coûts de développement gigantesques.

L'agence de notation Moody's a dit que cet événement était négatif du point de vue de la note de crédit mais ajouté que les ratings ne devraient pas être impactés pour l'instant.

Benoît Van Overstraeten, Pierre Sérisier et Pascal Liétout pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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