Les blocages des raffineries se lèvent peu à peu

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Les deux raffineries françaises du groupe Esso, à Fos-sur-Mer et à Gravenchon, ainsi que celle de Reichstett dans l'Est de la France, ont voté ce lundi la reprise du travail. Neuf autres sont encore en grève.

o Raffineries et dépôts

Neuf des douze raffineries métropolitaines sont toujours en grève et toutes sont à l'arrêt depuis dix à quinze jours selon les sites.

Ce lundi, les grévistes de la raffinerie de Reichstett, dans l'Est de la France, ainsi que ceux des deux raffineries du groupe Esso (filiale du groupe Exxon), à Fos-sur-Mer et à Gravenchon, ont voté dans la journée la reprise du travail. «Nous avons perdu une bataille, mais pas l'essentiel: pouvoir s'exprimer contre cette réforme, et on ne baissera pas les bras», a réagi dans la foulée Laurent Delaunay, délégué CGT chez Esso.

Selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip), plus aucun dépôt pétrolier n'était par ailleurs bloqué en début d'après-midi ce lundi. «A l'heure où je vous parle, il n'y a pas de dépôt bloqué», déclarait Jean-Louis Schilansky, président de l'Ufip. Celui de Saint-Pierre-des-Corps près de Tours a été débloqué dans la matinée, tout comme celui de Fos près de Marseille où les manifestants ont décidé de lever leur barrage et de libérer les accès au dépôt.

À la raffinerie de Grandpuits, en Seine-et-Marne, où les gendarmes étaient intervenus pour débloquer le dépôt, le chargement des camions-citernes a repris. Mohamed Touis, délégué syndical CFDT soulignait néanmoins que le stock de carburant disponible ne représentait plus qu'une journée d'activité. «Il ne reste que 480 camions à charger. En temps normal, on charge 400 camions par jour, vous voyez, c'est l'histoire d'une journée d'autonomie».

Par ailleurs, lundi soir, selon l'avocate de la CGT, le tribunal administratif de Melun aurait rejeté le recours en référé introduit par les grévistes contre l'arrêté préfectoral de réquisition des salariés qui avaient permis le déblocage du dépôt de carburant. «Déçu» par cette décision, le délégué syndical CGT, Franck Manchon, réfléchit avec les autres responsables des syndicats à saisir le Conseil d'Etat.

L'exécutif et le patronat ont fait monter la pression lundi sur les grévistes en évoquant le coût pour l'économie française d'un mouvement largement limité au secteur pétrolier puisqu'il n'a jamais réellement affecté les transports. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a estimé que les grèves avaient coûté entre 200 et 400 millions d'euros par jour à la France mais, surtout, terni son image.

La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) parle quant à elle d'une perte pour l'économie de quatre milliards d'euros à ce jour.

À Marseille, le port rentre dans son trentième jour de grève et le conflit a déjà coûté 600 millions d'euros.

o Stations-service

Le retour à la normale à la pompe est encore incertain. L'Union des Importateurs indépendants Pétroliers (UIP) a estimé qu'une station sur trois était en difficulté ce lundi. Selon l'Ufip, elles étaient 25%.

Lundi soir, le ministre de l'Energie, Jean-Louis Borloo, a dit tabler sur un objectif de 4 stations sur 5 «en état de fonctionnement» mardi, tout en reconnaissant des difficultés persistantes d'approvisionnement en carburants dans plusieurs régions, dont l'Ile-de-France. «Un objectif difficilement atteignable», a toutefois temporisé Jean-Louis Schilansky, président de l'Ufip.

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