Les blessures plus nombreuses que jamais

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Les blessures plus nombreuses que jamais
Les blessures plus nombreuses que jamais

En Angleterre, le nombre de blessés a atteint de rares sommets en à peine deux semaines de compétition. Il est déjà plus élevé qu'en 2011. Un constat alarmant qui pose certaines questions.

Quinze. C’est le nombre de joueurs ayant d’ores et déjà déclaré forfait pour la suite de la Coupe du monde. Si les blessures font partie du rugby, on est en droit de se poser quelques questions après moins de deux semaines de compétition. Nous sommes sur un rythme d’un peu moins de deux blessés par journée de compétition. Un chiffre qui marque l’évolution du rugby et de la Coupe du monde, toujours plus physique. A l’image d’un Angleterre - pays de Galles où pas moins de quatre joueurs sont sortis blessés, le jeu est aussi tendu que le corps des athlètes qui le pratiquent.

Les « petites » nations rivalisent

Alors que le rugby s’est développé physiquement ces vingt dernières années avec l’arrivée du professionnalisme, les petites nations commencent à récolter le fruit de leurs efforts. L’Uruguay a fait déjà trois victimes chez les Gallois et l’Australie alors que le Japon et les Etats-Unis ajoutent deux noms à la longue liste des forfaits. Les outsiders ne sont plus des faire-valoir et renvoient souvent les coups. Quand le jeu est limité, les entraîneurs n’ont pas peur de retourner aux fondamentaux : l’affrontement et le combat qui reviennent tant dans le discours de Philippe Saint-André. « Le rugby est aussi un jeu de finesse, de vitesse, de sensations... », a osé un journaliste devant le sélectionneur français en conférence de presse. Ce à quoi PSA a raffuté : « Ça se voit que vous avez beaucoup joué au rugby pour dire ça... »

La préparation est devenue primordiale

Il y a quelques années, seules les meilleures nations du monde se préparaient méthodiquement pour le Mondial. Aujourd’hui, tous les sélectionneurs, ou presque, ont leurs joueurs à disposition des mois avant le début de la compétition. « Tu t'aperçois que ce n'est pas une Coupe du monde ‘‘ à toucher ’’, a également expliqué Saint-André. On est dans un rugby où la dimension physique est devenue primordiale, où toutes les nations sont bien préparées, et pas que les quatre-cinq meilleures. » Un pas en avant pour le spectacle dans ce sport mais est-ce le chemin à suivre ? Faut-il continuer à utiliser les joueurs comme de simples pions ? Si l’on compte les forfaits avant le début du Mondial, le total monte à 24 joueurs blessés alors que la compétition n’en est pas encore à sa moitié.

Des corps à la limite

Disputer une Coupe du monde est un privilège qui ne se refuse pas. Deux mois de médiatisation intense et de ferveur populaire qui peuvent changer une carrière. Les joueurs se donnent donc au maximum pour briller. En 2013, Julien Bonnaire jugeait le jeu « plus violent » qu’à ses débuts dans les années 90. Outre la croissance hors norme du rugbyman moyen, les corps sont plus affutés que jamais pour cet événement. Deux camions qui se rentrent dedans feront toujours des dégâts. Augmentez la vitesse et le poids et vous vous retrouvez avec de sérieux problèmes. Prenons George North en exemple. 1,94m, 109 kilos pour cet ailier moderne qui défie toute norme à son poste. Le Gallois était grandement incertain à cause de quatre commotions cérébrales en cinq mois. Un contre la montre plus tard, le joueur de 23 ans est titulaire en équipe nationale. Un nouveau choc à la tête pourrait remettre en question sa carrière. Mais qu’importe... Une Coupe du monde ne se refuse pas.

Les quinze blessés dans cette Coupe du monde
Afrique du Sud : Jean de Villiers (mâchoire, face au Japon)
Angleterre : Billy Vunipola (genou, pays de Galles)
Australie : Will Skelton (pectoraux, Uruguay), Wycliff Palu (cuisse, Uruguay)
Canada : Liam Underwood (genou, Irlande), Connor Braid (mâchoire, Italie)
Ecosse : Grant Gilchrist (cuisse, Etats-Unis)
Fidji : Waisea Nayacalevu (genou, Australie), Isei Colati (genou, entraînement)
France : Yoann Huget (genou, Italie)
Géorgie : Davit Kubriashvili (genou, Argentine)
Italie : Andrea Masi (tendon d'Achille, France)
Pays de Galles : Cory Allen (cuisse, Uruguay), Scott Williams (genou, Angleterre), Hallam Amos (épaule, Angleterre)

Yannick O'Conor

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