Les biotechs favorites de Candriam

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Candriam privilégie les fleurons de la biotech.
Candriam privilégie les fleurons de la biotech.

Sur les marchés actions, les valeurs « biotechs » ont toujours la cote auprès des investisseurs. Pourtant, le secteur a très mal vécu les incertitudes économiques de début d’année. Pour la société de gestion Candriam, la récente baisse de ces valeurs a engendré de nouvelles opportunités.

« Le secteur de la biotechnologie a subi une sévère correction depuis le début de l’année 2016 » rappelle Rudi van den Eynde, gérant du fonds Candriam Equities L Biotechnology, dans une note de gestion diffusée jeudi 3 mars par Candriam. Le secteur de la biotechnologie désigne généralement des entreprises cherchant à développer de nouveaux traitements innovants pour soigner des maladies spécifiques.

En Bourse, les vents contraires sur le secteur des biotechs ont véritablement débuté au cours de l’automne dernier, époque à laquelle les profits du secteur de la santé ont commencé à être montrés du doigt par Hillary Clinton au cours de la Primaire démocrate.

« La campagne présidentielle américaine très médiatisée et polarisante avec de nombreuses attaques sur le niveau de prix des médicaments aux États-Unis a été le déclencheur [du mouvement de correction] tandis que la liquidité générale des marchés des actions, ou plutôt son absence, a amplifié le mouvement », diagnostique le gérant.

Le fonds Candriam Equities L Biotechnology de Candriam a ainsi lourdement souffert au cours des sept derniers mois. Le fonds est passé d’une valeur liquidative de 650 euros/part le 17 juillet 2015 à une valeur de 422 euros/part au 1er mars 2016 (-35%).

« Nous jugeons cette correction très exagérée »

La correction du secteur des biotechnologies sur cette période est « très exagérée » selon le gérant, qui pour autant ne tombe pas dans un optimisme aveugle.

En effet, « Il [faut] s’attendre à ce que les commentaires politiques sur le prix des médicaments continuent pendant un certain temps. En toute honnêteté, cela fait de nombreuses années que le prix des médicaments ne connaît plus de limites [aux Etats-Unis], une réaction [politique] raisonnable est donc à applaudir ne serait-ce que d’un point de vue éthique ».

Cette « réaction raisonnable » ne serait d’ailleurs pas une catastrophe pour le secteur des entreprises innovantes dans le domaine de la santé. « Nous pensons qu’en dernier ressort, le prix des médicaments restera à un niveau suffisant pour permettre aux investisseurs d’obtenir un retour sur investissement décent par rapport aux risques pris en matière de financement de la recherche dans le secteur », explique Rudi van den Eynde. « Aucun politicien, quelle que soit son affiliation, ne souhaite mettre fin aux extraordinaires innovations actuelles ».

Pour cette raison, « nous pensons que le secteur se remettra » estime-t-il, mais cela se fera « non sans volatilité ni incertitude quant au délai nécessaire ».

« Les valorisations sont extrêmement intéressantes, le ratio cours/bénéfices des plus grandes capitalisations du secteur se situant désormais en-dessous de celui de l’indice S&P 500, une situation quasiment sans précédent dans l’histoire du secteur. Les bénéfices sont excellents et les nouveaux médicaments n’ont jamais été aussi nombreux, au point même que les investisseurs spécialisés ont du mal à identifier les futurs gagnants parmi autant d’innovations prometteuses. La FDA est également très favorable, avec 45 nouveaux médicaments autorisés en 2015, dont beaucoup issus de la biotechnologie ».

Les biotechs favorites de Candriam

Dans ce contexte, quels sont donc les choix de Candriam au sein du secteur biotech ? « Nous avons désormais une pondération plus marquée sur les méga-capitalisations du secteur comme Celgene ou Biogen, car cette catégorie de valeurs affiche une bien meilleure résistance » que les petites capitalisations, explique le gérant.

« En réalité, les cinq grandes capitalisations [américaines] du secteur n’ont jamais été aussi abordables », affirme-t-il, faisant allusion à Amgen, Biogen, Celgene, Regeneron, Gilead.

Les investisseurs savent que les entreprises du secteur biotech ne sont parfois pas encore rentables et dépensent chaque année plus d’argent qu’elles n’en gagnent dans le cadre de leurs recherches. Mais ce profil de risque élevé concerne moins les sociétés ayant déjà mis sur le marché un ou plusieurs traitement(s), ce qui est généralement le cas des grandes capitalisations du secteur.

Candriam justifie ainsi sa préférence pour les fleurons du secteur : « Lorsqu’elles se trouvent en phase de commercialisation, les entreprises biotechnologiques peuvent effectivement générer des flux de trésorerie disponibles et des bénéfices substantiels. Les bilans des grands noms du secteur sont excellents, avec quasiment aucun endettement et dans de nombreux cas, un bel excédent de trésorerie ».

Et en France, qu’en est-il ? Rudi van den Eynde ne se concentre pas sur ce sujet dans son analyse, mais évoque néanmoins « quelques exemples de sociétés françaises volatiles, risquées mais intéressantes aussi : Adocia (diabète), Innate Pharma (oncologie) et DBV Technologies (allergies) ».

À l’inverse, « Nous nous abstenons d’investir de façon significative sur les sociétés pharmaceutiques (…) telles que Roche ou Bristol-Myers », relève enfin le gérant, qui reste donc sélectif.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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