Les biocarburants de première génération sur la sellette

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Le gouvernement français souhaite une pause dans le développement des biocarburants de première génération.
Le gouvernement français souhaite une pause dans le développement des biocarburants de première génération.

Que la France parvienne ou non à convaincre ses partenaires de l'Union Européenne (UE), les propos de Jean-Marc Ayrault à leur sujet samedi dans son discours de clôture de la Conférence environnementale sont une première.



Jamais en effet, un gouvernement français n'avait jusqu'ici désavoué publiquement les biocarburants de première génération (ou agrocarburants). C'est pourtant une certitude depuis plusieurs années : s'ils émettent moins de gaz à effet de serre sur la route, leur empreinte carbone est en réalité nettement supérieure à celle des essences « standard ». Car lesdits combustibles, élaborés à partir de produits alimentaires (maïs, betterave etc.), supposent déforestation et changements d'affectations des sols. Ils ont aussi, de l'avis de la FAO (Food and Agriculture Organization), activement contribué à la crise alimentaire mondiale de 2007-2008.


Ce n'est pourtant que tout récemment que Bruxelles a ouvert les yeux, tandis que les Etats-Unis et le Brésil continuent d'octroyer de généreuses subventions à la filière. Car l'UE réfléchit à présent à plafonner l'utilisation des essences « propres » ? ou prétendues telles ? qui ont un impact élevé sur l'affectation des sols. Un projet de loi en ce sens pourrait être publié dans le courant du mois prochain, ont rapporté nos confrères de l'AFP.


Les associations de protection de l'environnement entendues


Le Premier ministre, lui, a officialisé ce week-end la décision du gouvernement de demander aux Vingt-Sept et au niveau international « une pause dans le développement des biocarburants de première génération ». Et de poursuivre : « Au plan national, nous avons décidé de plafonner le taux d'incorporation à 7 % et d'atteindre les objectifs communautaires avec des biocarburants de deuxième génération ». « Les agréments seront renouvelés jusqu'au 31 décembre 2015 et le soutien public sera mis en extinction à cette date », a conclu M. Ayrault.


Paris se prépare donc à satisfaire une revendication de longue date des associations de protection de l'environnement, qui sur la base d'études scientifiques à charge réclamaient depuis de longs mois une réorientation. Puisse le gouvernement maintenir ce cap jusqu'au bout.


C'est-à-dire ne pas lâcher de lest devant les pressions de lobbies qui ne l'entendront sûrement pas de cette oreille.


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