Les biens surévalués ne trouvent plus preneur

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Alors que le marché parisien commence à s'assagir, les logements ordinaires vendus au prix du luxe peinent désormais à trouver preneur.

La frénésie du marché parisien a parfois donné lieu aux propositions les plus folles. Une annonce pour un local mansardé de 3 m² au sol proposé à 29 000 euros avait un temps défrayé la chronique. Mais l'on peut aussi trouver un appartement de 62 m² en rez-de-chaussée dans le IXe arrondissement parisien, dont le jardinet (42 m²) et la grande cave (52 m²) sont censés justifier le tarif: 1,49 million d'euros! Dans le XXe, l'un des arrondissements les moins chers de la capitale, un trois-pièces avec balcon est affiché à près de 12 000 euros le mètre carré tandis qu'à Neuilly-sur-Seine un appartement sans atout exceptionnel, si ce n'est le style «Ausmanien» (sic) mentionné dans l'annonce, est proposé à 16 000 euros le mètre carré.

L'acquéreur en meilleure position

Pourtant, ces surenchères pour des biens qui n'ont rien d'exceptionnel devraient se calmer. D'après le groupe de petites annonces immobilières Entreparticuliers, les prix des logements vendus sans agence ont baissé de 2,5 % en novembre, le plus fort recul enregistré par ce baromètre mensuel créé à l'automne 2006. «Le phénomène de la surestimation des biens est assez stable, estime Catherine Pascal, chez PAP (Particulier à particulier). C'est un prix de proposition pour ouvrir la négociation.» Elle reconnaît que les propriétaires n'ayant aucune réponse modifient assez rapidement leur prix, sachant que la marge de négociation dépasse rarement les 10 %.

«Nous devrions revenir vers un marché où c'est plus l'acquéreur qui fait le prix que le vendeur», estime pour sa part Me Pierre Bazaille, président de l'Institut notarial de l'immobilier. L'effet a joué à plein ces dernières semaines avec les vendeurs cherchant à échapper au nouveau régime des plus-values, mais la situation est plus incertaine sur les mois qui viennent. Selon ce notaire, tout dépendra de l'évolution des taux d'intérêt et du nombre de vendeurs obligés d'effectuer une transaction.

Laurent Vimont, le président du réseau Century 21, reste confiant dans la capacité du marché à se réguler. «Il y a toujours des vendeurs d'opportunité qui tentent leur chance à la recherche d'une opération miraculeuse, rappelle-t-il, mais ceux qui doivent vraiment vendre ont des délais à respecter.»

Jusqu'ici, les prix parisiens bondissaient de 18 % en un an. Même surévalué de 10 %, un bien était rattrapé par le marché en six mois. Désormais, alors que la hausse des prix commence à caler, ce ne devrait plus être le cas.

Les propriétaires qui voient leur appartement plus beau qu'il n'est vont devoir revoir leurs prétentions. La dégradation du climat économique n'incite plus les acheteurs à se laisser aller. « Les délais de vente commencent à se rallonger et les acquéreurs prennent leur temps même si les vendeurs rechignent encore à revoir leurs prix», souligne Philippe Buyens, le directeur du réseau Guy Hoquet. Le réseau a innové le mois dernier en proposant des ventes «à des prix revus à la baisse déclinant le concept de ventes privées à l'immobilier ancien».Une porte de sortie pour certains biens, peut-être surévalués?Pas partout en tout cas: sur les 2 200 ventes privées proposées par Guy Hoquet avec des rabais de 5 à 20 %, seules 300 concernaient l'Ile-de-France, et 2 Paris! Et les réductions consenties ne dépassaient pas 5 %.

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