Les biens français de l'oncle d'Assad transparents, dit sa défense

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PARIS (Reuters) - Des proches de Rifaat al Assad, l'oncle du dirigeant syrien, affirment vendredi que les investissements dans l'immobilier en France de cet opposant au régime, qui font l'objet d'une plainte, sont complètement transparents.

Condamné à l'exil après avoir tenté de prendre le pouvoir contre son propre frère, le père de Bachar al Assad, Rifaat al Assad portera plainte la semaine prochaine pour dénonciation calomnieuse, a déclaré son avocat, Me Marcel Ceccaldi.

"On est dans le délit patronymique", a-t-il dit à Reuters en rappelant que son client est un opposant en exil en France et en Espagne depuis 1984 et qu'il pourrait contribuer à l'installation d'un pouvoir de transition en Syrie.

La plainte visera deux associations, Sherpa et Transparence International France, qui ont elles-mêmes porté plainte à la mi-septembre contre Rifaat al Assad, qu'elles soupçonnent d'avoir acquis tout ou partie de son patrimoine en France avec de l'argent amassé illégalement.

Selon le journal Le Monde, ce patrimoine s'élèverait à environ 160 millions d'euros.

Sur la base de la plainte des deux associations de lutte contre la corruption, le parquet de Paris devrait ouvrir dans les jours qui viennent une enquête préliminaire.

La plainte vise Rifaat al Assad pour corruption, recel de corruption, blanchiment aggravé, recel de détournement de fonds publics, recel d'abus de biens sociaux et recel d'abus de confiance.

Marcel Ceccaldi remet en cause "la qualité des associations à agir" et évoque un "conflit d'intérêt", des membres de leurs conseils d'administration ayant été selon lui directeur du Trésor, chef de la section financière du parquet ou commissaire de police.

"LÉGION D'HONNEUR"

"S'il y avait eu le moindre doute sur les biens immobiliers de mon client, tous acquis entre 1984 et 1986, est-ce que le président François Mitterrand l'aurait élevé au rang de grand officier de la Légion d'honneur en 1986?, demande-t-il.

L'avocat juge les attaques contre Rifaat al Assad d'autant plus regrettables que son client est susceptible à ses yeux de jouer un rôle dans la mise en place d'un pouvoir de transition en Syrie. "C'est quelqu'un qui pourrait avoir la confiance de l'armée, des minorités, de la communauté sunnite", dit-il.

Rifaat al Assad possède notamment un hôtel particulier avenue Foch, dans le 16e arrondissement, ainsi qu'une quarantaine d'appartements situés dans deux immeubles, l'un avenue du président Kennedy, dans le 16e et l'autre Quai André-Citroën, dans le 15e.

L'un de ses fils, Siwar al Assad, soutient que son père a été financé à partir de 1984 "par des États, des dirigeants et des amis à l'étranger".

"Nous sommes complètement transparents dans nos investissements, rien n'a été fait dans le secret, l'origine de nos fonds est complètement légale. Nous sommes prêts à fournir toutes les preuves à la justice", a-t-il dit à France Info.

Il explique que le roi d'Arabie Saoudite aurait cédé, par exemple, à son ami une propriété de 45 hectares et un haras dans le Val-d'Oise.

Rifaat al Assad aurait ensuite "simplement fait fructifier" ses avoirs pour se constituer sa fortune.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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