Les "bérets bleus" tentent d'atteindre Mazraat al Qoubir

le
0

BEYROUTH (Reuters) - Les observateurs des Nations unies tentaient de nouveau vendredi de se rendre dans le village de Mazraat al Qoubir, près de Hama, où au moins 78 personnes ont été massacrées mercredi.

Jeudi, les "bérets bleus" avaient dû faire demi-tour après avoir été bloqués par l'armée syrienne et des civils, puis avoir essuyé des tirs d'armes légères.

Un membre de la Misnus (Mission de supervision des Nations unies en Syrie) a précisé qu'une deuxième équipe d'observateurs avait quitté la capitale Damas et se dirigeait vers Mazraat al Qoubir.

Le gouvernement a condamné le massacre, de même que celui de Houla, près de Homs -qui a fait 108 morts dont 49 enfants le 25 mai- et a mis en cause des "bandes terroristes".

Mazraat al Qoubir, un village de 150 habitants, est situé à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de la ville de Hama, dans le centre du pays.

La télévision publique syrienne a interviewé plusieurs personnes présentées comme des habitants du village, le visage couvert, qui ont affirmé que 500 rebelles avaient attaqué la localité. "Ils ont massacré les hommes, les femmes et les enfants, c'est horrible", a dit une femme.

La communauté internationale a condamné ce massacre. Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, s'est dit "choqué et écoeuré".

Dénonçant une "barbarie indicible", il a une nouvelle fois enjoint au président syrien Bachar al Assad d'appliquer immédiatement le plan de paix en six points préparé par Kofi Annan.

Selon l'opposition syrienne, qui a diffusé sur internet des images de corps ensanglantés ou calcinés, une quarantaine de femmes et d'enfants figurent parmi les victimes du massacre de Mazraat al Qoubir.

Interrogé par téléphone, un habitant du village, qui a échappé au massacre en se cachant dans un bois d'oliviers, a accusé l'armée syrienne et les miliciens "chabiha" d'être responsables de la tuerie.

Ban Ki-moon a évoqué jeudi un danger "imminent" de guerre civile en Syrie, tandis que l'émissaire international Kofi Annan se prononçait pour une pression accrue sur Damas pour mettre fin à quinze mois de violences.

Selon des diplomates occidentaux au Conseil de Sécurité, le message de Kofi Annan et de Ban Ki-moon aux Nations unies a été clair: il est temps de frapper le gouvernement du président syrien Bachar al Assad par des sanctions.

Erika Solomon, Guy Kerivel pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant