Les bases d'une reprise solide ne sont pas encore là

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LA CROISSANCE DE 0,5% AU 2E TRIMESTRE CONFIRMÉE
LA CROISSANCE DE 0,5% AU 2E TRIMESTRE CONFIRMÉE

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - L'économie française a nettement rebondi au deuxième trimestre après sa contraction des six mois précédents mais n'affiche pas encore les bases d'une reprise solide, comme en témoignent les chiffres décevants de la consommation de juillet-août.

L'Insee a publié vendredi des comptes nationaux détaillés du deuxième trimestre confirmant que le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,5% sur la période, soit son rythme de croissance le plus élevé depuis le 1,1% de début 2011.

Il a revu à -0,1% la contraction de l'activité du premier trimestre, contre -0,2% annoncé auparavant, qui faisait suite à une autre baisse de 0,2% du PIB au quatrième trimestre 2012.

L'institut national de la statistique a fait état dans le même temps d'une stagnation de la consommation des ménages en biens sur juillet-août par rapport à un mois de juin qui avait accusé une forte baisse (-0,8%).

Dans le détail, juillet a été marqué par une hausse de 0,4% et août par un recul de même ampleur.

"Cela conforte le scénario d'un rebond de croissance qui reste fragile. Il faut se méfier de la bonne surprise du deuxième trimestre, qui tenait beaucoup à des facteurs particuliers", déclare Axelle Lacan, économiste du Crédit agricole.

L'économie française a été portée au printemps par un rebond de la consommation des ménages (+0,4%) dopée par des dépenses en énergie liées à la météo maussade et, dans une moindre mesure, une reprise des achats d'automobiles qui ne s'est pas confirmée depuis.

S'ajoutant au début d'été difficile pour la production industrielle et les exportations, les chiffres "décevants" de juillet-août sur le front de la consommation montrent, aux yeux des économistes, que l'activité du troisième trimestre sera plus poussive que celle du deuxième.

ACQUIS DE CROISSANCE CONFIRMÉ

"On est prudent sur le troisième trimestre. Il y a une amélioration nette de la confiance des ménages et du climat des affaires mais l'acquis de production industrielle est nettement négatif à fin juillet et la consommation est difficile", indique Axelle Lacan, qui anticipe un tassement du PIB à 0,1%.

Plus pessimiste, Denis Ferrand, directeur général de l'institut COE-Rexecode, prévoit une contraction de 0,1%, estimant que "la probabilité d'un troisième trimestre négatif est un peu plus forte avec les chiffres de la consommation".

Pour lui, les "données dures" ne relaient pas encore l'embellie du climat des affaires constatée dans les enquêtes des derniers mois, celles de l'Insee comme de l'institut Markit.

En attendant, l'Insee a indiqué que l'acquis de croissance pour l'ensemble de 2013, à savoir la croissance moyenne de l'année en cas de stagnation au deuxième semestre, restait à +0,1%, soit le niveau de la prévision du gouvernement.

Les économistes doutent que la consommation des ménages puisse encore soutenir l'activité en fin d'année, même si leur revenu disponible a encore augmenté au deuxième trimestre (+0,5% après +1,0% au premier), car ils subiront le plein impact de la hausse de l'impôt sur le revenu votée dans le budget 2013.

Mais certains n'excluent pas des achats d'anticipation avant la hausse de la TVA prévue au 1er janvier.

Dans ce contexte, les entreprises, que le gouvernement a épargnées dans son projet de budget 2014, détiennent plus que jamais les clés de la reprise.

Leurs investissements ont enrayé au deuxième trimestre 15 mois de baisse ininterrompue et leurs marges se sont redressées par rapport aux plus bas de fin 2012.

Mais rien ne montre à ce stade que le pessimisme moindre des chefs d'entreprises interrogés dans les enquêtes de l'Insee et de Markit se traduit positivement sur les investissements, souligne Denis Ferrand. "Et ce n'est que quand il y aura une redémarrage confirmé de l'investissement qu'on pourra parler de reprise", ajoute-t-il.

Edité par Yves Clarisse

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  • M3435004 le vendredi 27 sept 2013 à 15:18

    Cet article oublie de dire que cette fameuse "croissance" s'appuie sur une progression des dépenses publique de 0.7% et que la maigre croissance des dépenses des ménages est à imputer très largement à la hausse des dépenses de chauffage...

  • M3435004 le vendredi 27 sept 2013 à 15:14

    Il n'y que gradubid qui parle de reprise !

  • M5462830 le vendredi 27 sept 2013 à 12:54

    avec l'augmentation ces jours des taxes sur le gaz et la taxation de l'assurance vie , on est pas prets de vouloir consommer .Je predis en 2014 plus de chomeurs qu'en 2013 . Qui veut parier ?

  • gerardgc le vendredi 27 sept 2013 à 11:10

    On ne peut pas se fier c'est une societe d'Etat au service de tous les gouvernements, des laquais de tous les pouvoirs politiques.Les stats de l'OCDE sont fiables, car indépendantes des pouvoirs politiques qui vous parlent ..les yeux dans les yeux.

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