Les banquiers européens demandent plus de visibilité

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LES BANQUIERS EUROPÉENS DEMANDENT PLUS DE VISIBILITÉ
LES BANQUIERS EUROPÉENS DEMANDENT PLUS DE VISIBILITÉ

par Matthias Blamont et Laura Noonan

PARIS (Reuters) - Les banquiers européens ont plaidé mardi pour davantage de visibilité en matière de régulation financière au moment où Bruxelles s'emploie à mettre sur pied une "union bancaire" pour la zone euro.

Avec les régulateurs, ils se sont également efforcés de convaincre les investisseurs que les prochains "stress tests" auxquels devront se soumettre les banques seront plus crédibles que par le passé grâce à l'implication de la Banque centrale européenne.

La BCE devrait prendre en charge la supervision des établissements de crédit de la zone euro à partir de la mi-2014, prélude à un système financier plus intégré qui prévoit également un mécanisme commun de résolution, voire un cadre solidaire de garantie des dépôts.

Les banques européennes, qui ont engagé de grandes restructurations depuis le début de la crise avec, notamment, leur adaptation progressive au dispositif de Bâle III, veulent croire que l'environnement réglementaire va commencer à se stabiliser.

"La régulation sera toujours un continuum mais la portée des changements qui a lieu actuellement est sans précédent et il serait extrêmement utile que nous puissions disposer d'un cadre défini", a notamment souligné le président de la banque sino-britannique HSBC, Douglas Flint, en marge d'une réunion de deux jours organisée par l'International Institute of Finance (IIF).

"Si nous voulons des économies à nouveau en croissance - et la distribution de crédit en est une condition - le système doit être stable", a-t-il ajouté.

MEILLEUR DEPART

Pour permettre à la BCE de s'atteler à ses nouvelles tâches de supervision dans de bonne conditions, l'autorité bancaire européenne (EBA) contraindra les banques à effectuer une nouvelle série de tests de résistance (stress tests) - des simulations qui visent à évaluer précisément leur solidité et leur capacité à réagir dans le cadre d'un environnement économique sévèrement dégradé.

L'exercice est programmé pour le deuxième trimestre de l'an prochain.

"Nous aurons besoin de (prendre) un meilleur départ. S'assurer que nous avons les bonnes données et estimations de la qualité des actifs sera déterminant", a fait valoir Piers Haben, l'un des dirigeants de l'EBA.

La BCE entend collecter elle-même certaines informations pour s'assurer de la bonne qualité des portefeuilles de crédits lors des prochains tests ("asset quality review").

Les banques européennes s'étaient pliées à une première série de tests de résistance en 2009, avec succès. En 2010, 82 établissements sur 90 avaient réussi l'épreuve. Parmi eux, Cyprus Popular, pourtant déclaré en faillite cette année.

Ces tests ont également échoué à mettre en lumière les difficultés de plusieurs banques en Espagne et en Irlande.

En 2011, l'EBA a demandé aux banques de renforcer leurs fonds propres à hauteur de 106 milliards d'euros avant la fin du premier semestre 2012.

Les banques ont exprimé des positions ambivalentes vis-à-vis de ces audits très poussés ces derniers mois. Préoccupées par la nécessité de devoir toujours davantage renforcer leurs fonds propres, elles ont, dans le même temps, milité pour une régulation plus stricte afin de garder la confiance de leurs actionnaires et des marchés.

"La difficulté des stress tests ne doit pas être sous-estimée", a souligné Jean-Paul Chifflet, directeur général de Crédit agricole S.A., avant de plaider pour la mise en oeuvre d'un calendrier et d'un scénario clairs l'an prochain.

Edité par Gilles Guillaume

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