Les banquiers de la City mettent en garde contre un "Brexit dur"

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    par Andrew MacAskill et Anjuli Davies 
    LONDRES, 11 octobre (Reuters) - Plusieurs représentants 
d'institutions financières de la City ont mis en garde mardi 
contre le risque d'une relocalisation de leurs activités 
ailleurs en Europe dès le début de l'année prochaine s'ils 
n'obtiennent aucune garantie sur le maintien de leur accès au 
marché unique européen dans le cadre des négociations sur la 
sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. 
    Plusieurs représentants des implantations européennes de 
grandes banques internationales se sont aussi alarmés des 
conséquences pour l'économie britannique des positions prises 
par le gouvernement sur l'immigration.  
    James Bardrick, qui dirige les activités de la banque 
américaine Citi  C.N  en Grande-Bretagne, dit que le principal 
dilemme pour l'industrie financière est de savoir à quel moment 
les plans d'urgence destinés à protéger ses intérêts et élaborés 
après le vote britannique en faveur du Brexit devront être 
déclenchés.  
    "Comment et à quel moment commençons nous à prendre des 
décisions... sachant que le plan est prêt à être lancé... cela 
pourrait être au premier trimestre 2017", a -t-il dit lors d'une 
conférence.  
    La première ministre britannique Theresa May a dit qu'elle 
enclencherait le processus des négociations sur le Brexit avant 
la fin mars 2017. Elle a surtout laissé entendre la semaine 
dernière qu'elle était favorable à un "Brexit dur" qui verrait 
Londres renoncer aux avantages de l'accès au marché unique 
européen pour regagner sa souveraineté en matière de politique 
migratoire.  
    L'avenir de la City, premier centre financier européen, sera 
l'un des points clés des négociations alors que les banques 
établies à Londres espèrent bien conserver l'accès au marché 
unique européen.  
    Rob Rooney, directeur général de Morgan Stanley 
International  MS.N , a dit lui aussi que sa banque devrait 
déplacer une partie de ses activités et de ses effectifs si le 
Royaume-Uni renonçait à l'accès au marché unique.  
     
    CONTRE-CHOC CULTUREL 
    "En réalité, ce n'est pas très compliqué. Si nous sommes en 
dehors de l'Union européenne et que nous n'avons pas ce qui 
serait un engagement stable et de long terme concernant l'accès 
au marché unique, alors une grande partie de ce que nous faisons 
aujourd'hui à Londres, nous devrons le faire au sein de l'UE à 
27." 
    Le ministre britannique chargé des Services financiers, 
Simon Kirby, a dit aux participants à cette conférence que 
l'obtention du meilleur accord possible pour la City sera "une 
priorité absolue". 
    Tim Roberts, directeur du cabinet de consultants Promontory 
Financial Group, a rappelé que la City était parvenue à 
rivaliser de nouveau avec New York en tant que grand centre 
financier international dans les années 80 grâce à sa culture 
d'ouverture et sa capacité à accueillir des talents venus du 
monde entier.  
    "Si nous perdons cela et si nous laissons non pas le Brexit 
en lui-même mais certains des sentiments qui se sont exprimés à 
l'échelle nationale et qui ont conduit au référendum miner cette 
culture alors je pense que cela portera préjudice au statut de 
Londres en tant que centre financier", a-t-il prévenu.  
    Le gouvernement a fait machine arrière après le tollé 
suscité par des déclarations de la ministre de l'Intérieur 
évoquant l'obligation pour les entreprises de communiquer la 
liste de leurs salariés non britanniques.   
    Le président des Lloyd's, le grand marché londonien de 
l'assurance, a critiqué la tonalité des propos de certains 
membres du gouvernement et mis en garde contre le risque de voir 
la Grande-Bretagne tourner le dos à la mondialisation pour la 
première fois depuis la seconde Guerre mondiale.  
    "Pour être bien clair, le monde nous regarde de très, très, 
très près actuellement", a dit John Nelson.  
    "Nous devons être très attentif à maintenir la 
Grande-Bretagne ouverte... et à nous assurer que nous sommes 
capables d'attirer les talents appropriés d'où qu'ils viennent. 
Si nous ne faisons pas cela, nous ne conserverons pas le secteur 
financier que nous avons aujourd'hui." 
     
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 

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