Les banques prônent l'épargne sur livrets

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Pour répondre aux exigences imposées par la réglementation Bâle III, les économies des Français sont souvent orientées vers des produits plus liquides que l'assurance-vie.

Avec ses 1345 milliards d'euros d'encours, l'assurance-vie est encore le placement le plus prisé des Français. Mais pour combien de temps? Depuis la fin de l'année 2010, la collecte est en perte de vitesse. En janvier dernier, le montant total des sommes placées sur ces contrats a baissé de 11% sur un an. En février, la chute atteignait même 15%.Un désamour que les banques expliquent par la remontée du taux de rémunération du livret A à 2%, et les incertitudes concernant la fiscalité des contrats d'assurance-vie. Deux raisons qui ont motivé le choix des Français pour d'autres supports considérés comme plus sûrs. Les chiffres que vient de publier la Banque de France viennent d'en ajouter une troisième.

Selon l'organisme, le total des sommes déposées sur des livrets d'épargne non réglementés (hors Livret A, Livret développement durable et Livret d'épargne populaire) a augmenté de près de 10 milliards d'euros (9,8 milliards) en quatre mois. Ce niveau de collecte est quasiment le même que celui enregistré entre fin 2008 et novembre 2010.

Le besoin de liquidité des banques

Cette forte croissance des dépôts s'expliquerait par l'entrée en vigueur progressive à partir de 2013 de la réglementation Bâle III. Les nouvelles dispositions concernent notamment les fonds propres des banques dont le montant devra être multiplié par trois afin de mieux résister aux chocs financiers. Deux ratios dits de liquidité vont ainsi imposer aux banques de nouvelles obligations très strictes de détention d'actifs liquides, c'est à-dire faciles à céder. Ces contraintes supplémentaires ont poussé les banques à mettre en avant auprès de leurs clients les produits d'épargne dits de bilan, c'est-à-dire ceux qui restent inscrits dans leurs comptes, comme les livrets d'épargne non réglementés soumis à l'impôt contrairement au Livret A et à l'assurance-vie.

A fin mars, 165,6 milliards d'euros étaient placés sur ces produits, contre 200,5 milliards sur le livret A. Les offres alléchantes de livrets temporairement surrémunérés tendent à corroborer l'analyse également soutenue par le groupement des entreprises mutuelles d'assurance (Gema). Dans sa lettre du mois de mai, l'organisme estimait qu'il fallait chercher du côté des banques une explication au reflux de la collecte de l'assurance-vie.

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