Les banques préparent leurs équipes aux questions post-Brexit

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LES BANQUES FORMENT LEURS SALARIÉS SUR L'APRÈS-RÉFÉRENDUM BRITANNIQUE
LES BANQUES FORMENT LEURS SALARIÉS SUR L'APRÈS-RÉFÉRENDUM BRITANNIQUE

par Lawrence White et Andrew MacAskill

LONDRES (Reuters) - Les banques britanniques préparent leurs équipes à répondre à la myriade de questions que leur poseront leurs clientèles de petites et moyennes entreprises après le référendum du 23 juin sur le maintien ou non du pays dans l'Union européenne.

HSBC, Barclays, Lloyds, RBS et Nationwide ont toutes cinq formé leurs salariés aux questions que leurs clients sont susceptibles de poser, quelle que soit l'issue du vote, en particulier sur les risques de change, apprend-on de sources internes aux banques.

HSBC reconnaît avoir distribué un texte à ses employés des centres d'appel dans lequel figurent les réponses à donner à certaines questions prévisibles, notamment si un vote en faveur d'une sortie de l'UE entraîne une chute de la livre sterling.

Les autres banques n'ont pas voulu fournir de détails sur leur façon d'aborder le sujet.

Une des banques, qui n'a pas voulu être identifiée, a dit que ses documents permettaient de répondre à des clients se demandant si le succès du Brexit renchérirait le coût des emprunts immobiliers, s'il aurait un impact sur les jeunes qui partent étudier à l'étranger ou si les investissements en pâtiraient.

Certaines PME pourraient être les premières à avoir besoin des conseils de leurs banquiers sachant que beaucoup d'entre elles n'ont pas pris d'assurance en cas de forte variation de la livre à l'issue du référendum.

Le nombre de questions de clients cherchant à savoir s'ils doivent prendre une assurance sur les variations de change a été multiplié par quatre au cours des six à huit dernières semaines, rapporte Abhishek Sachdev, du cabinet Vedanta, qui conseille les petites entreprises en matière de couverture des risques.

Il note que la volatilité sur 10 jours de la livre par rapport à l'euro est passée de 6 à 14% au cours des deux dernières semaines, en réaction aux récents sondages donnant les camps du "In" et du "Out" au coude à coude.

"Avec cette volatilité, il est plus facile de faire passer le message aux entreprises qu'elles doivent penser à se couvrir contre de tels risques, car les clients ont peur", dit-il.

La livre pourrait chuter de 9% contre le dollar si les Britanniques se prononcent majoritairement pour une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) lors du référendum du 23 juin, montre une enquête mensuelle de Reuters auprès de responsables de stratégies sur les changes publiée jeudi.

Un vote en faveur du maintien au sein de l'UE entraînerait en revanche un rebond de 4% du sterling contre le billet vert, selon cette enquête, réalisée auprès de plus de 30 prévisionnistes au cours de la semaine écoulée.

Quatre grandes sociétés britanniques sur cinq sont couvertes contre le risque qu'un Brexit fasse chuter la livre de 10%, selon une enquête menée auprès de quasiment 800 des 1.000 plus grandes sociétés le mois dernier. Mais seules 22% des PME ont dit avoir une telle couverture, a montré l'enquête.

Trois nouveaux sondages ont placé lundi le camp du Brexit devant le camp des partisans du maintien du Royaume-Uni dans l'UE, avec deux à cinq points d'avance.

(Juliette Rouillon pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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