Les banques ont renforcé leur bilan avant les tests de la BCE

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* Les résultats des bilans de santé de la BCE prévus le 26 octobre * Fonds propres accrus de 26 mds au S1 pour le "Top 20" de la zone euro * Créances douteuses vues à 500 mds, 11,1% des encours de crédit * Les prêts à risque non provisionnés représentent un tiers des fonds propres * Pour le graphique: * http://graphics.thomsonreuters.com/14/europeanbanks_tests/index.html par Laura Noonan LONDRES, 2 octobre (Reuters) - Les efforts entrepris par les 20 plus grandes banques de la zone euro pour anticiper les résultats des tests de résistance de la Banque centrale européenne se sont poursuivis activement au premier semestre, ces établissements de crédit ayant augmenté le niveau de leur fonds propres et leurs provisions pour prêts à risque. Les données recueillies par Reuters montrent que ces 20 banques ont augmenté leurs capitaux de 4%, soit de 26 milliards d'euros, sur le semestre, et ont passé des provisions pour créances douteuses du même ordre avant les jugements de la BCE sur leurs besoins de capitaux ou de réévaluation des actifs. Mais elles ont encore des points faibles. Toujours selon les données récoltées par Reuters, les créances douteuses non provisionnées représentent environ un tiers de leurs fonds propres. Cela signifie que si les pertes sur ces créances sont supérieures à leurs anticipations, cela pourrait avoir un impact important sur leur capital. Le bilan de santé des 131 banques les plus importantes de la zone euro vise à déterminer si les banques ont correctement valorisé leurs actifs et si elles sont suffisamment solides pour résister à une éventuelle récession ou crise financière. Les précédents tests ont été accusés de n'avoir pas poussé les banques à lever suffisamment de capitaux ou à prendre des mesures radicales pour améliorer leur bilan. Les résultats sont attendus le 26 octobre et des analystes jugent que les 20 premières banques pourraient être obligées de faire davantage pour reconnaître les risques liés à leurs portefeuilles de prêts. "Les plus grands banques de la zone euro ont renforcé leurs bilans, avec notamment environ 20 milliards d'euros de provisions exceptionnelles (sur créances) depuis mi-2013", dit Kinner Lakhani de l'équipe de recherche sur le secteur bancaire de Citi. "Nous nous attendons pourtant à ce que la BCE modifie encore les règles du jeu." PROBLÈME RÉGLÉ PAR ANTICIPATION Encouragées par les bonnes performances des marchés d'actions et par les incitations d'autorités de tutelle soucieuses d'éviter une ruée sur les capitaux après les résultats des tests, les banques ont renforcé progressivement leurs fonds propres depuis l'annonce de ces évaluations il y a plus d'un an. Seules cinq des 20 banques ont vu leurs fonds propres baisser au premier semestre et la baisse n'a été importante que pour une seule d'entre elles, BNP Paribas BNPP.PA , qui a vu ses fonds propres baisser de 6,5 milliards d'euros, soit d'environ 7%, à la suite de l'amende record de près de neuf milliards de dollars que lui ont infligée les autorités américaines. Les augmentations de fonds propres ont été favorisées par les quelques 11,3 milliards d'euros de profits engrangés par ces banques, un montant qui a toutefois baissé d'environ sept milliards par rapport à la même période de l'an dernier, qui s'explique en grande partie par l'amende de BNP Paribas. Les tests de résistance sont basés sur les bilans des banques à fin 2013 mais toute augmentation des fonds propres réalisée depuis lors peut être opposée aux demandes de capitaux supplémentaires de la BCE. Ce qui signifie que les banques peuvent avoir réglé d'éventuels problèmes de solvabilité avant même qu'ils n'aient été détectés. Les augmentations de capitaux sont les signes les plus visibles des efforts des banques pour répondre aux exigences de la BCE mais le changement dans leur manière de prendre en compte et gérer les créances douteuses est tout aussi significatif. Selon les données Reuters, le montant de ces créances douteuses reconnu par les 20 banques étudiées est stable, à un peu plus de 500 milliards d'euros. Mais les provisions passées sur ces créances ont augmenté de 26 milliards, en dépit de l'amélioration de l'économie en zone euro. Les prêts à risque représentent désormais 11,1% de la totalité des encours de crédit. Ce ratio atteint 38,5% pour la banque grecque Piraeus BOPr.AT et 23,2% pour la National Bank of Greece NBGr.AT . Neil Williamson, analyste financier chez Aberdeen Asset Management, note toutefois que le niveau des provisions et celui des créances reconnues ne suffisent pas à donner une vision exacte de la situation financière d'une banque. Il faut également prendre en compte la valeur réelle des actifs qui servent de collatéraux à la banque, dit-il. "Le point d'interrogation, c'est la valeur du collatéral", dit-il. "Si c'est un parc de logements dans un marché liquide, alors c'est plutôt bien, si c'est de l'immobilier grec (...) ou des gros dossiers comme des prêts de 200 à 300 millions d'euros à des promoteurs immobiliers dans des marchés où l'immobilier ne se redresse pas, (c'est moins bien)." (Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)


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