Les banques ont remboursé aux Etats moins de 50% des aides-BCE

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FRANCFORT, 16 septembre (Reuters) - Les Etats de la zone euro ont récupéré moins de la moitié de l'aide financière apportée aux banques depuis la crise financière mondiale, a annoncé mercredi la Banque centrale européenne (BCE) en soulignant le risque lié aux garanties encore en vigueur aujourd'hui. Pendant et après la crise qui a éclaté il y a tout juste sept ans, les pays membres ont fourni aux banques des soutiens de diverses natures, allant des garanties aux achats d'actifs en passant par l'apport de fonds propres, afin d'éviter un assèchement du crédit. Le taux de recouvrement de ces aides inférieur à 40% observé à ce jour est faible au regard des comparaisons internationales, explique la BCE dans son bulletin économique mercredi, ajoutant que les garanties encore en vigueur représentent 2,7% du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro. "Le taux de recouvrement à ce jour est particulièrement faible en Irlande, à Chypre et au Portugal, alors qu'il est relativement élevé aux Pays-Bas", précise l'institution. "Les taux de recouvrement (...) s'améliorent mais sont encore relativement faibles par rapport aux niveaux de référence historiques." La BCE ajoute que près d'un cinquième de l'augmentation de la dette publique de la zone euro, passée de 65% du PIB en 2008 à 92% en 2014, était lié aux aides au secteur bancaire. L'impact le plus important de celles-ci sur la dette publique a été observé en Irlande et en Grèce, à plus de 22% du PIB, alors qu'en France, en Italie et en Lituanie, il a été limité à moins de 1%. L'étude de la banque centrale montre aussi que si les garanties publiques apportées aux banques ont fortement diminué depuis 2012, les Etats ont relevé les seuils de garantie des dépôts et elle ajoute que l'appui public pourrait se traduire par des coûts budgétaires en hausse sur le long terme. "Une manière importante de réduire le coût budgétaire potentiel des mesures d'assistance financière consiste à assurer une contribution appropriée des actionnaires et créanciers obligataires privés", ajoute-t-elle. (Balazs Koranyi; Marc Angrand pour le service français)

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