Les banques grecques financées tant qu'elles sont solvables-Draghi

le , mis à jour à 18:24
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(Actualisé avec des précisions) BRUXELLES, 15 juin (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) continuera à avaliser des financements d'urgence pour les banques grecques pour autant qu'elles aient suffisamment de trésorerie et de garanties, a déclaré son président Mario Draghi lundi. "La liquidité restera servie aussi longtemps que les banques grecques seront solvables et présenteront des garanties suffisantes", a-t-il dit au Parlement européen. Faisant explicitement référence aux règles européennes qui interdisent le financement monétaire du budget des Etats, Mario Draghi a signalé qu'il y avait des limites à ces financements d'urgence qui atteignent désormais 118 milliards d'euros. "Toutefois, dans une situation où l'Etat grec n'a plus accès au marché, cette liquidité ne peut être employée à contourner l'interdiction de tout financement monétaire telle que définie par l'Article 123 du Traité de fonctionnement de l'Union européenne". Les discussions entre Athènes et ses bailleurs de fonds ont abouti à une impasse le week-end dernier et il reste à la Grèce deux semaines pour trouver une solution afin de pouvoir rembourser 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international (FMI). Avec l'enlisement des négociations, La BCE et les banques centrales de la zone euro maintiennent la Grèce et son système bancaire à flot par l'octroi de liquidités d'urgence (mécanisme dit ELA). Sans financement de la banque centrale pour soutenir des banques grecques affaiblies et confrontées à une fuite des dépôts, une limitation des retraits serait inévitable. Le tarissement des prêts et des flux monétaires porterait un coup fatal à une économie déjà chancelante. Le gouvernement grec veut augmenter le montant des bons du Trésor qu'il peut émettre et placer auprès des banques du pays pour face à sa crise de trésorerie. Draghi a clairement dit que pour envisager une telle option, il serait nécessaire de voir "une perspective crédible de conclusion favorable de la revue en cours (du programme d'aide à la Grèce) et sa mise en oeuvre ultérieure." Il a ajouté que cela impliquait un apport d'argent frais par les pays de l a zone euro à la Grèce. Draghi a dit qu'il revenait aux ministres des Finances de la zone euro réunis au sein de l'Eurogroupe de terminer la revue du programme d'aide en cours et de débloquer de nouveaux fonds pour la Grèce. Cela, a-t-il constaté, est "une décision politique qui devra être prise par des dirigeants élus, pas par des banquiers centraux." Il a appelé à "un accord solide et général" avec la Grèce et "très rapidement", pas seulement dans l'intérêt de la Grèce mais aussi dans celui de la zone euro dans son ensemble. Après l'échec des pourparlers entre Athènes et ses créanciers ce week-end, la Commission européenne a renvoyé le dossier aux ministres des Finances de la zone euro qui se réunissent jeudi dans le cadre de l'Eurogroupe et elle a prévenu qu'elle ne s'impliquerait à nouveau qu'en cas de nouvelles propositions grecques. (John O'Donnell, Michelle Martin et Noah Barkin, Wilfrid Exbrayat et Marc Joanny pour le service français)

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  • M7991925 le lundi 15 juin 2015 à 18:41

    Déjà 118 milliards prélevés sur l'économie européenne ! Il serait temps que ça cesse et qu'on demande leur avis aux contribuables concernés !