Les banques européennes chutent plus brutalement qu'en 2008

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 (Bien lire dollars, §2) 
    * Début d'année difficile pour les banques européennes 
    * Elles souffrent plus en Bourse que début 2008 
    * Plus de 240 milliards de dollars envolés 
 
    par Sinead Cruise et Richa Naidu 
    LONDRES, 10 février (Reuters) - Les actions des grandes 
banques européennes sont au coeur des préoccupations des 
investisseurs et dégringolent plus brutalement qu'elles ne 
l'avaient fait en 2008, au début de la crise financière. 
    Les banques européennes ont perdu près d'un quart de leur 
valeur en Bourse, soit plus de 240 milliards de dollars, depuis 
le début de l'année. 
    L'accumulation des inquiétudes macro-économiques menace 
ainsi de défaire ce qui avait été construit en huit ans pour 
réduire les coûts, équilibrer les bilans et se protéger contre 
le risque. 
    La chute des cours du pétrole, l'explosion des coûts 
technologiques et la volatilité des marchés ne sont que 
quelques-uns des facteurs qui placent les banques au centre des 
préoccupations des investisseurs. 
    Il faut y ajouter le poids des créances douteuses et les 
taux d'intérêt négatifs qui menacent les marges nettes d'intérêt 
et pourraient conduire les banques à facturer les comptes 
courants. 
    "Il n'y a aucun signal à l'achat sur le secteur bancaire", 
résume Neil Dwane, responsable de la stratégie chez Allianz 
Global Investors. 
    Dans ce contexte, Deutsche Bank  DBKGn.DE , UniCredit 
 CRDI.MI  et Credit Suisse  CSGN.VX  ont vu leurs actions chuter 
deux fois plus qu'elles ne l'avaient fait sur la même période au 
début de 2008. 
    Parmi les 15 principales banques européennes, seules ING 
 ING.AS  et Nordea Bank  NDA.ST , qui ont cédé respectivement 
21% et 15%, ont perdu mois qu'entre le nouvel an et le 8 février 
2008. 
    L'indice bancaire du STOXX Europe 600  .SX7P  a perdu 24% 
depuis le début de l'année, contre 17% sur la même période il y 
a huit ans. 
     
    MOINS GRAVE QU'EN 2008 ? 
    Certains investisseurs pointent du doigt l'argent bon marché 
mis à la disposition des banques par la Banque centrale 
européenne (BCE) sous la forme des opérations de refinancement à 
long terme (LTRO) lancées en 2011. Cet argent a permis, 
estiment-ils, aux banques de camoufler leur dette en la 
restructurant. 
    Le marché des CDS (credit default swaps), soit les primes 
d'assurances acquittées par les investisseurs pour limiter leur 
exposition au risque de défaut d'un émetteur, est également très 
nerveux en ce début d'année. 
    Les prix des CDS pour HSBC  HSBA.L , Deutsche Bank, Barclays 
 BARC.L  et Standard Chartered  STAN.L  flirtent ainsi avec des 
pics de 10 ans. 
    Les risques de faillites dans le secteur de l'énergie en 
raison de l'effondrement des cours du pétrole constituent un 
facteur supplémentaire de défiance à l'égard des banques, déjà 
pénalisées par un environnement de taux bas, notent les 
analystes. 
    Chaque banque a ses propres soucis. Deutsche Bank, qui a 
plongé lundi à un creux de plusieurs années, inquiète quant à sa 
capacité à honorer certains paiements obligataires tandis que 
HSBC et Standard Chartered souffrent surtout en raison de leur 
exposition à la Chine. 
    Barclays, dont la cotation a été brièvement suspendue lundi 
pour excès de volatilité des échanges, pourrait, craignent 
certains investisseurs, devoir recourir à une augmentation de 
capital pour améliorer son ratio de solvabilité de référence 
(common equity tier one). 
    Malgré la méfiance envers les banques européennes, qui 
coïncide avec les mauvais résultats publiés par certaines 
grosses banques américaines, les investisseurs pensent que 
l'horizon est moins sombre qu'avant la crise financière. 
    "C'est un moment préoccupant pour un actionnaire de banques 
mais je ne pense pas que ce soit aussi grave qu'avant la crise 
de Lehman parce que la BCE est davantage prête à agir et que les 
fissures dans le système financiers en sont pas encore là", dit 
Andrea Williams, gérante de fonds chez Royal London Asset 
Management. 
 
 (Patrick Vignal pour le service français, édité par Benoît Van 
Overstraeten) 
 

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