Les banques espagnoles auraient besoin de 60 milliards d'euros

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par Jesús Aguado et Julien Toyer

MADRID (Reuters) - L'audit indépendant du secteur bancaire espagnol mené ces derniers mois va probablement conclure que les besoins de recapitalisation de celui-ci s'élèvent entre 50 et 60 milliards d'euros, ont déclaré jeudi la deuxième banque du pays et le gouvernement.

Des sources ont expliqué à Reuters que la Banque d'Espagne avait commencé à informer les banques des résultats des "stress tests" et que la totalité d'entre elles seraient informés d'ici lundi.

Les montants évoqués jeudi, en ligne avec les premières estimations rendues publiques en juin, vont servir de base pour déterminer dans quelle mesure Madrid sollicitera la ligne de crédit de 100 milliards d'euros que lui ont promise ses partenaires de la zone euro.

Les résultats des tests doivent être publiés le 28 septembre.

"Nous saurons dans les jours à venir, dans une semaine. Nous aurons un chiffre d'environ 70, 75 ou 80 milliards d'euros," a déclaré Francisco Gonzalez, le président de BBVA, lors d'un évènement à Madrid.

Il a précisé que les 70 à 80 milliards comprenaient les quelque 20 milliards d'euros déjà injectés dans le secteur par le fonds national de restructuration bancaire (Frob), ce qui signifie que le chiffre final se situera entre 50 et 60 milliards.

Une porte-parole du ministère de l'Economie a déclaré qu'un tel montant serait conforme aux prévisions du ministre, Luis de Guindos, mais elle a ajouté que le montant demandé à la zone euro serait inférieur.

Elle a expliqué que certaines banques pourraient lever une partie des capitaux nécessaires directement sur les marchés, que les détenteurs de capital hybride seraient contraints d'accepter une décote sur leur investissement et qu'une partie des actifs à risques seraient transférés à la structure de défaisance que l'Etat est en train de créer pour y cantonner les actifs immobiliers et les créances douteuses qui plombent les bilans du secteur.

Les actifs à risques du secteur sont pour l'instant estimés à 185 milliards d'euros.

Des sources bancaires ont déclaré par ailleurs que les résultats de l'audit du secteur pourraient déclencher une nouvelle vague de concentration en Espagne, où le nombre de banques est passé de 40 avant la crise à 14 seulement aujourd'hui.

Francisco Gonzalez a dit s'attendre à ce que nombre tombe à une 10 d'ici un an, ajoutant que BBVA était prêt à racheter des établissements de plus petite taille.

"Dans une première phase, il y a aura 10 entités: deux grandes banques, deux ou trois moyennes et quatre ou cinq petites", a-t-il précisé.

Jesus Aguado; Juliette Rouillon et Marc Angrand pour le service français

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