Les banques confrontées à une crise... qui dure

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LES BANQUES FRANÇAISES CONTINUENT DE S'ADAPTER À UNE CRISE LONGUE
LES BANQUES FRANÇAISES CONTINUENT DE S'ADAPTER À UNE CRISE LONGUE

par Matthias Blamont

PARIS (Reuters) - Conjoncture, risque souverain, réglementation... Les banques françaises n'ont pas fini de s'adapter à une crise qui continuera de peser sur leurs résultats.

En dépit du calme relatif observé sur les marchés ces derniers mois, et au moment où Bruxelles s'emploie à élaborer une "union bancaire" destinée à juguler l'impact de nouvelles crises, des experts interrogés par Reuters préviennent que les menaces sur les établissements de crédit demeurent.

"2013 verra une remontée du coût du risque, nous le constatons déjà, avec des défaillances d'entreprises plus nombreuses et surtout plus rapides", souligne Marie-Christine Jolys, associée et responsable de la réglementation bancaire chez KPMG.

Les défaillances de sociétés en France ont augmenté de 9,4% au deuxième trimestre pour se rapprocher des niveaux enregistrés en 2009, selon des statistiques compilées par le groupe Altares, une hausse qui conforte le diagnostic d'un "double dip".

Ces difficultés devraient se matérialiser dans les comptes semestriels des banques françaises qui ont prévu de publier leurs résultats à partir du 31 juillet. La contraction de l'économie observée en Italie, où BNP et Crédit agricole S.A. sont très présentes, devrait également contribuer à la montée des provisions pour créances douteuses.

Le chef de l'Etat, François Hollande, a assuré pour sa part dimanche qu'il percevait les signes d'une reprise économique dans l'Hexagone.

Une enquête Reuters réalisée auprès d'une vingtaine d'économistes révèle néanmoins que le produit intérieur brut de la France devrait diminuer de 0,3% en 2013 avant de renouer avec une croissance limitée à 0,6% en 2014.

La Banque de France prévoit de son côté une croissance "très proche de zéro" cette année et, le 12 juillet, l'agence de notation Fitch a privé la France de son dernier AAA.

BOMBES SOUVERAINES

Pour s'accommoder d'un environnement déprimé en France et en Europe, les banques tricolores ont mis en oeuvre de vastes programmes de réductions de coûts, ou le renforcement d'économies déjà annoncées, en vue de redresser leur rentabilité d'ici à deux ans et au-delà.

Le cabinet Roland Berger estime que les banques européennes ne renoueront pas avec des rendements de capitaux propres (ROE) à deux chiffres avant 2015. Ils atteignaient 17% en moyenne en 2007 et 0% en 2012.

Aux tensions sur l'activité s'ajoute la crainte de nouveaux développements, avérés ou supposés, de la crise de la dette dans la zone euro.

Les investisseurs sont ainsi de plus en plus nombreux à penser que le Portugal devra restructurer sa dette publique. Selon Markit, le coût de l'assurance contre un défaut portugais sur le marché des CDS (credit default swap) a presque doublé depuis le mois de mai.

La Banque des règlements internationaux a calculé que l'exposition des banques françaises au Portugal totalisait à la fin de 2012 quelque 17 milliards de dollars, un montant jugé absorbable mais qui grimpe à 104 milliards en Espagne et à 335 milliards en Italie.

"Les banques françaises ont (en outre) repris de mauvaises habitudes en se rendant très dépendantes des fonds monétaires américains pour assurer leur liquidité", renchérit Christophe Nijdam, analyste banques chez Alphavalue.

"Ces fonds, qui avaient brutalement réduit leur exposition aux banques européennes en 2011 au plus fort de la crise de la dette, pourraient agir exactement de la même manière en réaction à une information mal interprétée par les marchés cet été."

"RATIO VÉRITÉ"

Près de cinq ans après la faillite de Lehman Brothers, les banques européennes affichent une solvabilité renforcée. En France, l'Autorité de contrôle prudentiel estime même que BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole S.A. et BPCE ont été au-delà des efforts demandés.

"Au 30 juin 2012, ces quatre groupes affichaient un excédent total de 23,3 milliards d'euros par rapport à la cible de 9% de ratio core tier one (défini par les accords de Bâle III)", explique-t-elle dans une récente note de synthèse.

Bon nombre de banquiers s'inquiètent toutefois d'avoir à produire encore plus d'efforts depuis que les régulateurs américains ont décidé de renforcer le montant des fonds propres de leurs banques rapporté au total de leurs engagements, le "leverage ratio" (ratio de levier).

En vertu de cet indicateur, plus difficile à manipuler puisque sans pondération des risques, les huit plus grandes banques des Etats-Unis devront détenir des fonds propres représentant au moins 6% de leurs actifs. Les accords de Bâle III ont fixé ce ratio à 3%.

"Le ratio de levier est monté dans la hiérarchie et pourrait devenir une grande contrainte pour les banques", avertit Chris Wheeler, analyste chez Mediobanca.

A cette réalité des chiffres s'oppose l'approche qualitative de certains banquiers de la place.

"Une mesure grossière comme le ratio de levier" devrait être considérée comme un "indicateur et non un pilier de la régulation", a notamment fait valoir Frédéric Oudéa, le PDG de la Société générale, lors d'un forum organisé par l'association Paris Europlace le 11 juillet.

La BNP, Société générale, BPCE et le Crédit agricole n'ont pas souhaité communiquer leur ratio de levier actuel. La Fédération bancaire française parle pour sa part d'une mesure "inadéquate" et "trop fruste".

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  • techluxo le mercredi 17 juil 2013 à 17:20

    donc il faut les vader

  • techluxo le mercredi 17 juil 2013 à 17:17

    lol il nous font rire les pleureuses banksters_)) ça change que de voler les petites gens

  • M9722583 le mercredi 17 juil 2013 à 17:16

    Ces pauvres petits banquiers me font pleurer à chaudes larmes ... Oudéa est extremement émouvant.