Les banques centrales doivent remonter leur taux d'intérêt-BRI

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    LONDRES, 25 juin (Reuters) - Les grandes banques centrales 
mondiales devraient aller de l'avant dans la remontée de leur 
taux d'intérêt, a declaré dimanche la Banque des règlements 
internationaux (BRI), prenant acte du fait que ces tours de vis 
monétaires pourraient s'accompagner de turbulences sur les 
marchés financiers. 
    Dans un de ses rapports annuels les plus optimistes de ces 
dernières années, la BRI, organe international de coordination 
des grandes banques centrales, estime que la croissance mondiale 
pourrait bientôt retrouver sa moyenne de long terme étant donné 
la vive amélioration du sentiment des acteurs économiques au 
cours des 12 derniers mois. 
    "La croissance s'approche de ses moyennes de long terme, les 
taux de chômage, en recul, tutoient leurs niveaux d'avant-crise, 
et les taux d'inflation se rapprochent des objectifs fixés par 
les banques centrales", souligne la BRI. 
    Cette dernière identifie toutefois quatre risques 
"susceptibles de compromettre la viabilité de la croissance à 
moyen terme : une hausse de l'inflation ; des tensions 
financières accompagnant l'arrivée à maturité des cycles 
financiers ; une baisse de la consommation et de 
l'investissement due, pour l'essentiel, au poids de la dette ; 
et une montée du protectionnisme". 
    Hyun Song Shin, chargé de la recherche au sein de BRI, a dit 
à Reuters que le premier risque, celui d'une montée de 
l'inflation, a pour l'instant peu de chances de se matérialiser 
étant donné que l'accélération de la croissance dans les 
principales économies mondiales n'avait entraîné ni envolée des 
prix à la consommation ni poussée des salaires. 
    Il ajoute que les nouvelles technologies ainsi que les 
pratiques actuelles en cours dans les différents lieux de 
travail jouaient leur rôle dans l'absence de pressions 
inflationnistes. 
    "Comme nous sortons d'une très longue période de politique 
monétaire très accommodante, quoi que nous fassions, il faudra 
le faire avec prudence", a poursuivi Hyun Song Shin. 
    "Mais si nous attendons trop longtemps, le dénouement de ces 
politiques très accommodantes sera beaucoup plus difficile. Même 
s'il peut y avoir des cahots sur la route, il est hautement 
recommandé de garder le cap et d'entamer un processus de 
normalisation." 
    La Réserve fédérale américaine a déjà commencé cette 
"normalisation", en annonçant il y a 10 jours une nouvelle 
hausse de taux, tout en précisant les modalités techniques de la 
future réduction progressive de son bilan.   
    Le 8 juin, la Banque centrale européenne (BCE) a abandonné 
toute référence à d'éventuelles baisses de taux face à 
l'amélioration des perspectives économiques dans la zone euro, 
même si la faiblesse persistante de l'inflation l'a amenée à 
maintenir en l'état sa politique monétaire ultra-accommodante. 
  
    La Banque du Japon a également observé le statu quo 
monétaire le 16 juin, tout en se montrant plus optimiste au 
sujet de la consommation des ménages et de l'économie mondiale, 
des éléments susceptibles de consolider la reprise à l'oeuvre 
dans le pays.   
 
 (Marc Jones, Benoit Van Overstraeten pour le service français) 
 
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