Les banques centrales cherchent à rassurer les marchés

le , mis à jour à 18:13
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 (Actualisé avec communiqués du G7 et de la Fed) 
    par William Schomberg et Joshua Franklin 
    LONDRES/ZURICH, 24 juin (Reuters) - Plusieurs des grandes 
banques centrales de la planète se sont efforcées vendredi de 
rassurer des marchés pris dans la tourmente après le choix de la 
Grande-Bretagne de quitter l'Union européenne (UE), allant 
jusqu'à intervenir directement sur le marché des changes. 
    La Banque d'Angleterre (BoE) s'est ainsi déclarée prête à 
débloquer 250 milliards de livres sterling (200 milliards 
d'euros) supplémentaires ainsi que des liquidités "importantes" 
en devises et son gouverneur, Mark Carney, a assuré qu'elle 
prendrait des mesures supplémentaires en cas de besoin. 
    La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé qu'elle se 
tenait prête à injecter si nécessaire des liquidités en euros et 
en devises. "A la suite du résultat du référendum au 
Royaume-Uni, la Banque centrale européenne surveille 
attentivement les marchés financiers et entretient des contacts 
étroits avec d'autres banques centrales", écrit-elle dans un 
communiqué. 
    La Réserve fédérale américaine s'est pour sa part dite 
disposée à approvisionner les marchés en dollars en coordination 
avec ses homologues.  
    Les banquiers centraux et les ministres des Finances du G7 
ont tenu une téléconférence à l'issue de laquelle ils ont répété 
   qu'une volatilité excessive et des mouvements désordonnés des 
taux de change pouvaient nuire à la stabilité économique et 
financière, ajoutant être prêts à intervenir.  
    En dehors du Groupe des Sept, la Banque populaire de Chine 
(BPC) s'est engagée quant à elle à préserver la stabilité du 
yuan et à assurer une liquidité généreuse. 
    La livre sterling  GBP=  est tombée à son plus bas niveau 
depuis 1985, la Bourse de Londres  .FTSE  a cédé 3,15%, celles 
de Francfort et Paris respectivement 6,82% et 8,04%. 
  
     
    LA BANQUE NATIONALE SUISSE FREINE LA HAUSSE DU FRANC 
    Les banques centrales, qui n'ont pas oublié la crise 
financière de 2007-2009, craignent un assèchement rapide de la 
liquidité des marchés en cas de fortes variations des cours, ce 
qui priverait les entreprises de moyens de financement, au 
risque de peser sur la croissance économique. 
    L'économie britannique montrait déjà des signes de 
ralentissement avant le référendum de jeudi et Carney avait 
averti qu'elle risquait une nouvelle récession en cas de 
victoire du camp du "Leave". 
    L'agence de notation Fitch a de fait déclaré vendredi que la 
Grande-Bretagne s'exposait désormais à des perspectives de 
croissance et d'investissement altérées et ajouté que son statut 
de place financière internationale pourrait aussi en souffrir. 
    Ewald Nowotny, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, 
a observé lui que les marchés commençaient déjà à se stabiliser 
et que la panique n'était pas justifiée.  
    De fait, les rendements des emprunts à 10 ans italien et 
espagnol, en hausse d'une quarantaine de points de base en début 
de journée, avaient pratiquement rétrocédé l'intégralité de 
leurs gains à la mi-journée.     
    Signe du caractère exceptionnel de la situation financière, 
la Banque nationale suisse (BNS) a annoncé elle-même être 
intervenue sur le marché des changes pour faire baisser le franc 
suisse, l'une des valeurs refuge privilégiées par les 
investisseurs en cas de turbulences, et elle a promis de rester 
"active". 
    Des traders ont par ailleurs dit avoir observé des signes 
d'intervention de plusieurs grandes banques centrales asiatiques 
sur les marchés. La Banque de Corée aurait ainsi vendu des 
dollars pour freiner la chute du won et la Reserve Bank of India 
aurait fait de même face à la dépréciation de la roupie.  
    Les plus grandes banques centrales du monde - la Réserve 
fédérale américaine, la BCE, la BoE, la BNS et la Banque du 
Japon - ont établi entre elles des "lignes de swaps" qui 
assurent au marché des changes un approvisionnement en devises 
en cas de perturbations.  
    Utilisés pour la première fois à titre exceptionnel après 
les attentats du 11 septembre 2001, ces dispositifs d'urgence 
ont été pérennisés après la crise financière mondiale de 2008 et 
peuvent être activés à tout moment à la demande de l'une des 
banques centrales concernées.  
     
 
 (Bertrand Boucey et Marc Angrand pour le service français) 
 

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