Les banques allemandes contre une recapitalisation généralisée

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FRANCFORT (Reuters) - L'Europe devrait recapitaliser ses banques au cas par cas et non pas appliquer uniformément des mesures à l'ensemble du secteur, a estimé mardi l'association bancaire allemande BDB.

"Il serait absurde de réserver le même traitement à toutes les banques", a déclaré Michael Kemmer, directeur général de la BDB, lors d'un entretien sur la chaîne de télévision ARD.

Si des recapitalisations sont nécessaires, il faut les mettre en oeuvre dans le bon tempo, a-t-il ajouté.

"D'abord, les banques doivent elles-mêmes faire appel aux marchés des capitaux, même si cela est très difficile, voire impossible, en ce moment", a dit Michael Kemmer.

"Ensuite, chaque pays doit voir s'il faut recapitaliser les banques et c'est seulement s'il n'est pas en mesure de le faire que le FESF devrait intervenir", a-t-il ajouté, faisant allusion au Fonds européen de stabilité financière.

La France et l'Allemagne se sont donné jusqu'à fin octobre pour surmonter nombre d'obstacles sur la recapitalisation des banques, l'euro et son membre le plus malade, la Grèce, ainsi que sur la gouvernance européenne, à l'heure où la crise des dettes souveraines vient de mettre à terre la banque Dexia.

Les banques allemandes, qui ont augmenté leur niveau de capital ces derniers mois, sont stables et se portent bien, a souligné Michael Kemmer.

Il ajouté que les dirigeants européens devraient s'en tenir à l'accord conclu le 21 juillet sur la Grèce, qui prévoit notamment que les créanciers privés passent une décote de 21% sur les avoirs obligataires grecs.

Bon nombre de spécialistes pensent que ce niveau de décote ("haircut") est insuffisant, ce qui obligera les banques à passer de nouvelles dépréciations au troisième trimestre.

Deutsche Bank, l'un des membres les plus importants de la BDB avec Commerzbank, a déclaré fin septembre que la décote que les investisseurs privés ont accepté de passer sur les titres de dette souveraine grecs dans le cadre du deuxième plan de sauvetage de la Grèce pourrait être supérieure aux 21% retenus.

La semaine dernière, la fédération allemande des auditeurs IDW a déclaré que es banques allemandes pourraient suivre l'exemple de Deutsche Bank au troisième trimestre en réévaluant aux prix du marché leurs obligations grecques.

Jonathan Gould et Edward Taylor, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Jean Décotte

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