Les avertissements de la Banque de France sur l'assurance-vie

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Les taux d'intérêt très bas font peser des risques sur le secteur de l'assurance-vie. François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, a une de fois de plus demandé aux assureurs de ne pas servir des rendements trop élevés.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau a une nouvelle fois mis en garde les assureurs tentés de servir des taux de rendement trop élevés pour les fonds en euros des contrats d'assurance-vie. La persistance de taux d'intérêt très bas affecte la rentabilité des banques et des assureurs et pourrait conduire certains d'entre eux à une prise de risque accrue, a-t-il répété ce lundi. «Face à ce risque, l'ACPR (l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) suit tout particulièrement les modèles les plus exposés», a-t-il souligné.

«En l'absence de mesures adaptées prises avec une anticipation suffisante, les taux bas deviendront, à moyen et long terme, une menace pour la rentabilité et la solvabilité du marché. Et feront peser sur les assureurs des risques qu'ils auront de plus en plus de difficultés à assumer», a de son côté averti Bernard Delas, le vice-président de l'ACPR.

«Les taux bas agissent comme un poison dont les effets sont inéluctables même s'ils n'apparaissent que lentement», a-t-il prévenu, ajoutant que «le marché doit impérativement continuer de s'adapter en faisant évoluer son modèle économique et en constituant les réserves dont il pourrait avoir besoin demain». Depuis quelques années, les autorités de contrôle du secteur demandent aux assureurs de conserver une partie de la rémunération des fonds en euros pour faire face à des jours potentiellement plus difficiles. Ce que peinent encore à faire certains.

Bien sûr, tous les ans le rendement des fonds en euros (2,3% en moyenne en 2015) baisse, mais pas suffisamment a priori dans le contexte actuel. Car deux risques potentiels menacent l'assurance-vie. Ainsi, si l'OAT à 10 ans se maintient à 0,5 % pendant plusieurs années, cela obligera les assureurs à investir l'épargne versée tous les mois par les assurés ainsi que les obligations à fort rendement arrivant progressivement à échéance sur des titres très faiblement rémunérés. Et cela fera fondre le rendement des fonds en euros. Pour se prémunir contre ce danger, les assureurs refusent d'ores et déjà les versements importants sur les fonds en euros. L'autre risque potentiel viendrait a contrario d'une remontée forte et rapide des taux d'intérêt. Les épargnants pourraient alors vouloir quitter massivement leurs contrats devenus décevants.

Exigences de rentabilité des épargnants

François Villeroy de Galhau a du coup jugé que les exigences de rentabilité des investisseurs devaient être revues à la baisse. Le gouverneur de la Banque de France a par ailleurs indiqué que la réflexion sur de nouveaux produits d'épargne de long terme devait se poursuivre. «Ces nouveaux produits d'épargne pourraient être moins liquides, assortis probablement d'une protection en capital sur le long terme (...) tout en favorisant le financement de l'investissement des entreprises», a-t-il dit, appelant les pouvoirs publics à éviter la distorsion de concurrence fiscale avec des produits «liquides et sans risque» comme le Livret A.

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