Les assureurs veulent une place dans le dispositif dépendance

le
4
Le marché de l'assurance dépendance est encore balbutiant. Les contrats devraient être encadrés par les futurs textes.

Quel que soit l'angle considéré sur la question du financement de la dépendance, une certitude s'impose: la solidarité publique ne peut pourvoir aux besoins d'une population vieillissante. Le président de la République, en annonçant sa réforme, l'avait d'ailleurs reconnu. «Il y aura le partage entre la solidarité nécessaire parce que nous sommes un pays de cohésion sociale et la responsabilité individuelle, personnelle, indispensable», a-t-il précisé fin janvier. Autrement dit, le privé - compagnies d'assurance, mutuelles et institutions de prévoyance - devrait être invité à participer au financement de la perte d'autonomie.

Le sujet reste bien sûr très sensible pour un gouvernement de gauche, attaché aux principes d'un régime de santé universel et solidaire. Quand Nicolas Sarkozy avait entamé ses réflexions sur la dépendance, les ténors du PS s'étaient d'ailleurs émus de la potentielle place laissée aux acteurs du privé. Le futur texte, qui émanera des trois rapports remis lundi 11 mars, devrait donc a minima encadrer cette participation des assureurs. La loi pourrait notamment mettre en place un système de label public pour les complémentaires dépendance offrant un socle minimum de garantie. Une perspective jugée inquiétante par de nombreux professionnels, qui redoutent des grilles inappropriées.

Aider les aidants

Malgré le flou de l'évolution de l'offre publique, la majorité des assureurs travaille d'arrache-pied sur des offres dépendance. Le marché est pour l'instant très étroit ; 452 millions d'euros de cotisations en 2012, selon les données de la Fédération de sociétés d'assurance (FFSA), qui ne recense pas les mutuelles santé. Mais les acteurs tablent sur un rapide élargissement.

Les lancements se sont donc multipliés depuis deux ans. Le principe d'une offre dépendance est simple: l'assuré verse une cotisation mensuelle, calculée en fonction de son âge. Une fois son entrée en dépendance constatée, il reçoit a minima une rente.

Une enquête réalisée, en décembre dernier par le cabinet d'actuariat Optimind Winter, révélait que plus de la moitié des compagnies et mutuelles interrogées travaillaient à la création ou la profonde rénovation d'un nouveau produit de protection. Crédit agricole assurances, l'un des premiers acteurs français de la dépendance, a ainsi renouvelé son offre à l'été dernier. Son contrat «vers l'autonomie» prévoit une classique rente mensuelle en complément de la pension de retraite, un capital pour équiper le domicile mais aussi une formule d'assistance intergénérationnelle. Elle bénéficie d'abord au souscripteur, confronté à des parents âgés puis, quand il devient à son tour dépendant, à ses enfants.

En décembre dernier, l'institution de prévoyance Malakoff Mederic a également lancé une nouvelle offre dépendance collective pour les entreprises, axée sur les proches de la personne âgée. Les mutuelles santé s'estiment encore très légitimes pour tirer leur épingle du jeu. Depuis 2010, la MGEN a inclus une garantie dépendance à son offre classique santé, prévoyance. Guy Herry, le président d'Harmonie Mutuelle, qui couvre 4,5 millions de bénéficiaires, reconnaît aussi «réfléchir à inclure dans nos contrats santé des prestations dépendances renforcées».

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M4358281 le mercredi 3 avr 2013 à 09:13

    cela ne va pas vite dans ce domaine ...!

  • lopez69 le lundi 11 mar 2013 à 09:13

    @eskimmo, tu généralises & écris n'importe quoi, la moyenne des retraites en France tourne autour de 1200€ pour une vie de cotisation. Un grand bon nombre de retraités ne font pas des miracles car il s'agit d'une moyenne!

  • eskimmo le lundi 11 mar 2013 à 08:37

    Les retraités ne veulent pas payer une assurance et veulent encore endetter le pays et leurs petits enfants pour qu'on leur torche le cuI

  • M5462830 le lundi 11 mar 2013 à 08:22

    NON , il faut refuser , ils vont encore s'en mettre plein les poches