Les assureurs prêts à prendre des risques

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(NEWSManagers.com) - Réduire le risque n'est pas une option. L'environnement de croissance faible et de taux durablement bas renforce l'appétit pour le risque des assureurs, en dépit des incertitudes géopolitiques, selon la cinquième édition de l'enquête mondiale annuelle BlackRock sur l'assurance (menée par The Economist Intelligence Unit auprès de 315 responsables du secteur).

Seulement 8 % des répondants prévoient de réduire leur exposition au risque, tandis que 47 % envisagent une augmentation et que 46 % souhaitent maintenir un niveau similaire sur les 12 à 24 prochains mois. Ces résultats soulignent un niveau de prudence légèrement plus élevé qu'en 2015, alors que 57 % des assureurs dans le monde prévoyaient de s'exposer davantage au risque, tandis que 38 % visaient à maintenir un niveau stable.

La faiblesse de la croissance mondiale a été l'un des sujets de préoccupation phares des enquêtes précédentes, puisque depuis 2014, environ 50 % des répondants considèrent ce problème comme l'un des plus menaçants vis-à-vis de leur stratégie d'investissement, bien qu'il soit maintenant relégué au second plan derrière la perception d'un environnement politique beaucoup plus instable. Le risque géopolitique est invoqué cette année par 51 % des assureurs comme l'un des plus sérieux affectant les stratégies, contre 25 % en 2014. La faiblesse prolongée des taux d'intérêt a quant à elle été désignée comme le risque de marché le plus important par 59 % des répondants, suivi de près par la volatilité des prix des actifs (57 %).Bien que ces résultats soient antérieurs au vote du Brexit intervenu fin juin, un nouveau sondage flash conduit auprès de plus de 100 assureurs a fait ressortir que les retombées du Brexit semblent amplifier les tendances préalablement anticipées, notamment sur le sujet des taux d'intérêt durablement bas.

La volonté des assureurs de s'exposer davantage au risque contraste avec la proportion élevée de répondants qui prévoient d'augmenter leur allocation aux liquidités et aux emprunts d'État. En effet, 50 % des assureurs affirment vouloir renforcer leurs détentions de liquidités au cours des prochains mois, contre 36 % l'année dernière, alors que 47 % d'entre eux estiment toujours augmenter leur allocation aux emprunts d'État, qui est ainsi la classe d'actifs obligataire la plus citée de cette enquête. Cela met en exergue une tendance à prendre des risques de manière sélective sur différentes classes d'actifs.Du côté des actifs risqués, 41 % des assureurs ont l'intention d'accentuer leurs pondérations des titres obligataires non-investment grade, contre seulement 26 % en 2015, et 21 % disent vouloir augmenter leur allocation aux actions, contre 13 % l'année dernière. Parallèlement, très peu ont prévu d'accroître leur allocation aux obligations investment grade comparé à l'année dernière (seulement 21 % contre 45 % en 2015).Le rapport souligne une forte volonté de renforcer l'allocation aux marchés privés. 53 % des assureurs ont l'intention d'accentuer leur exposition aux prêts hypothécaires commerciaux, contre 38 % l'année dernière ; du côté des titres immobiliers commerciaux, 48 % prévoient une augmentation de leur allocation, alors qu'ils étaient 30 % en 2015. L'intérêt porté au capital-investissement fait également ressortir cette tendance, sachant que 49 % des répondants pensent accroître leur allocation à ce segment, contre 27 % il y a un an.En 2016, les questions réglementaires restent un facteur de risque macro majeur pour 46 % des répondants (soit le troisième facteur le plus important), ce qui représente une hausse de six points de pourcentage par rapport à l'année dernière. Cela dit, la nouvelle réglementation n'est plus considérée comme un vecteur de changement significatif au sein du secteur de l'assurance. Les inquiétudes réglementaires divergent selon les pays, mais la directive Solvabilité II demeure le sujet de préoccupation numéro un pour l'ensemble des assureurs. Elle a été citée par 53 % d'entre eux comme ayant l'incidence la plus marquée sur leur processus décisionnel. Les acteurs anticipent globalement un élargissement probable des réformes sur les fonds propres à des pays hors de l'Europe dans les trois à cinq prochaines années.

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