Les assureurs français prônent une fiscalité stable de l'épargne

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LES ASSUREURS FRANÇAIS FAVORABLES À UNE FISCALITÉ STABLE DE L'ÉPARGNE
LES ASSUREURS FRANÇAIS FAVORABLES À UNE FISCALITÉ STABLE DE L'ÉPARGNE

PARIS (Reuters) - Les assureurs français, qui ont subi en 2012 une décollecte dans l'assurance-vie, entendent sensibiliser les pouvoirs publics sur la nécessité de ne pas bouleverser l'épargne des ménages pour préserver son rôle dans le financement de l'économie.

Alors qu'est attendu un rapport des députés socialistes Karine Berger et Dominique Lefebvre sur l'épargne longue, les professionnels de l'assurance redoute une remise en cause de la fiscalité de l'assurance-vie qui a déjà été perturbée l'an dernier par le relèvement des plafonds du Livret A et du Livret de développement durable (LDD).

D'après les estimations de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA), la décollecte de l'assurance-vie en France s'est élevée à 3,4 milliards d'euros l'an dernier, alors que le Livret A et le LDD ont enregistré une collecte record de 49,2 milliards d'euros.

Bernard Spitz, le président de la FFSA, a ainsi déclaré jeudi lors d'une conférence de presse que l'année 2012 avait été marquée par "une déformation des comportements d'épargne" révélateur d'un arbitrage des ménages en faveur des placements de court terme au détriment des investissements de long terme.

Dans le contexte de crise économique et de raréfaction du crédit bancaire, les assureurs en appellent du coup à une stabilité de la réglementation et de la fiscalité de l'épargne financière. La FFSA a d'ailleurs rappelé qu'en 2012, les assureurs français avaient alloué 56% de leurs actifs au financement des entreprises, soit une enveloppe de 1.053 milliards d'euros.

"FINANCEURS DE L'ÉCONOMIE"

"Les assureurs sont les financeurs de l'économie productive", a insisté Bernard Spitz, soulignant que les compagnies d'assurance françaises représentent aussi 41% des détenteurs résidents de la dette de la France et qu'ils jouent un rôle de stabilisateur.

"Tant qu'on arrive à la fois à financer l'économie et à financer la dette de l'Etat, on est dans un rôle de stabilisation", a souligné le président de la FFSA.

Pour l'heure, rien ne permet de pronostiquer avec certitude un rebond de la collecte de l'assurance-vie car le nouveau relèvement de 25% du plafond du Livret A le 1er janvier pourrait encore inciter les épargnants à privilégier l'épargne défiscalisée en dépit de la baisse du taux de rémunération à 1,75% en février.

"L'évolution de l'assurance-vie dépendra en 2013 du contexte économique et des éventuels changements de fiscalité", note par exemple l'économiste Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des épargnants, dans une étude publiée jeudi sur l'assurance-vie.

"La forte progression du chômage et l'augmentation des prélèvements constituent en règle générale des facteurs favorables au Livret A et au LDD", poursuit-il.

Début décembre, l'Association française de la gestion financière (AFG), qui défend les intérêts des sociétés de gestion de portefeuille, avait elle aussi interpellé les pouvoirs publics sur la nécessité d'encourager l'épargne longue.

Les gérants plaident pour que la fiscalité incite les ménages à placer leur épargne dans des supports qui financent les entreprises et plus largement l'économie.

Matthieu Protard, édité par Dominique Rodriguez

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