Les assureurs délaissent l'épargne pour d'autres marchés

Le Figaro le 23/02/2013 à 15:38
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La prévoyance, marché en croissance, a aussi l'avantage d'être plus rentable que l'assurance-vie.

Sceptiques sur l'avenir de l'assurance-vie, les assureurs, qui avaient beaucoup misé sur le marché de l'épargne, veulent changer de cap et investir de nouveaux domaines. L'un d'eux en particulier suscite toutes les convoitises: la prévoyance. On ne compte plus les compagnies ou les mutuelles qui lancent ou remettent au goût du jour une gamme de contrats d'assurance décès, homme clé (pour les chefs d'entreprise), dépendance ou encore garantie des accidents de la vie.

«Nous devons rééquilibrer nos activités», résume Stéphane ­Dedeyan, membre du comité de direction générale de Generali France, qui a déjà réduit à 60% la part d'épargne dans l'activité d'assurance-vie de la société l'an dernier, contre 70% en 2011.

La menace d'une nouvelle réglementation européenne

La prévoyance, marché en croissance, qui apporte aux assureurs des primes régulières, a aussi l'avantage d'être plus rentable que l'assurance-vie. «Les marges sur ces contrats sont très confortables, jusqu'à 50% ou 60% du montant de la prime. Les Français ne s'en rendent pas compte et mettent beaucoup moins en concurrence les assureurs sur ces contrats que sur l'auto ou l'habitation», remarque Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet de conseil Fact & Figures.

Surtout, l'assurance-vie - qui oblige les assureurs à investir sur les marchés obligataires ou actions - est une activité beaucoup plus risquée et gourmande en capitaux propres que la prévoyance. Et c'est un handicap aujourd'hui, puisque les compagnies d'assurance sont menacées d'une nouvelle réglementation européenne, qui va renforcer les exigences de fonds propres et compliquer la donne.

Les banques ont pris de l'avance

Mais, sur le marché de la prévoyance, les assureurs se heurtent à des adversaires de taille: les banques se sont déjà emparées du sujet, à l'instar du Crédit agricole, numéro 1 du secteur. «La prime moyenne des contrats de prévoyance n'est pas très élevée. Il faut les vendre en grand nombre. Et les réseaux des banques sont bien adaptés à ces ventes à grande échelle», analyse Cyrille Chartier-Kastler.

Le challenge est donc difficile pour les assureurs spécialistes de l'épargne. Pour distribuer leurs contrats d'assurance-vie, ils se sont souvent appuyés largement sur les conseillers en gestion de patrimoine indépendants, qui suivent des clients aisés. Certaines compagnies, comme Cardif, s'emploient donc à convaincre ces conseillers d'ajouter eux aussi une corde à leur arc et de vendre désormais également de la prévoyance. Avec un succès pour l'instant mitigé.

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  • M5805986 le lundi 4 mar 2013 à 18:20

    Tout à fait d'accord avec gustab et mmorea, les mutuelles c'est de la fumisterie. J'en ai pris, une, la moins chère uniquement puisque mon épouse en bon mouton pense quel'on doit en avoir une. J'en ai une qui est cautionnée et me rend la moitié de ma prime moins mes remboursement. Elle me rembouse 40% de ma prime tous les ans donc je perd ,50%. Depuis 5 ans, faite le calcul de l'argent que j'aurais...

  • OSS119 le dimanche 24 fév 2013 à 23:18

    Assurance vie. Vous passez un ordre d'achat de 10 000€, pour 100 parts de 100€. On vous informe trois semaines après qu'il est exécuté pour 90 parts de 111€... Vous passez un ordre de vente de 90 parts de 111€. On vous informe 3 semaines après qu'il est exécuté pour 90 parts de 100€...

  • ccondem1 le dimanche 24 fév 2013 à 22:43

    Cependant, tout ne peut pas s'auto-garantir, sauf à prendre de gros risques et là, on n'est plus dans une logique de prévoyance = garantie en cas de (vrai) coup dur

  • mmorea13 le dimanche 24 fév 2013 à 15:37

    Tout à fait d'accord avec gustav10. je dirais même mieux.J'ai depuis 20 ans fais ma mutuelle moi même en versant tous les mois le montant de la cotisation et retiré a chaque fois la différence du remboursement de la SS.Et je peux vous dire que j'ai un capital qui ferait rougir les assureurs.Il faut une discipline de fer pour résister jusqu'au bout.

  • gustav10 le dimanche 24 fév 2013 à 10:33

    Au vu de la réalité des couvertures assurées, il est préférable de placer l'équivalent des primes sur un livret A; même à 1,5% net, cela fera plus d'argent pour payer les frais d'obsèques plutôt que de payer 25 euros par mois pendant 10ans pour une couverture très moyenne.