Les assurances loyers impayés peu populaires

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Avec la hausse des sinistres, les primes augmentent. Et les propriétaires hésitent d'autant plus à s'assurer.

Mme P. est propriétaire d'un logement, dont elle a délégué la gestion locative. Elle a souscrit une assurance loyers impayés collective. Mais, à sa grande surprise, deux assureurs ont résilié les contrats en un an. «À cause de la crise qui touche certains assureurs et d'une augmentation très sensible des sinistres», justifie le gestionnaire. Une troisième compagnie a pris le relais, mais les primes se sont envolées (4,5 % du montant du loyer annuel!). Ce cas est, semble-t-il, exceptionnel. Mais les primes d'assurances loyers impayés ont augmenté et les garanties de certains contrats ont été réduites.

Les bailleurs sont encore assez peu nombreux à s'assurer contre les risques locatifs. Seuls 15 % de ceux qui louent un bien par leurs propres moyens seraient couverts. Les raisons? À partir de 2009, le bailleur ne peut pas cumuler caution d'un tiers et assurance. Depuis quelques années, les propriétaires ont pourtant le choix entre deux ­types de couverture: la garantie loyers impayés (GLI) ou la garantie des risques locatifs (GRL), un dispositif lancé notamment par l'État. La plus répandue, la GLI (800.000 contrats) est proposée par les banques et les assureurs. Les garanties varient fortement d'une compagnie à l'autre, tout comme les prix (entre 2 % et 4,5 % du loyer annuel). Les assureurs sont exigeants sur le choix des locataires, qui doivent être en CDI et disposer de revenus de trois fois supérieurs au loyer.

La GRL (entre 2,5 % et 3,04 % du loyer annuel) est moins sélective: tous les locataires sont éligibles, à condition que leur loyer, charges comprises, ne dépasse pas la moitié de leurs ressources. «Les deux tiers des locataires des logements assurés par la GRL ont un emploi précaire», souligne Jean-Luc Berho, président de l'Apagl.

Projet législatif

La GRL reste assez peu répandue (270.000 contrats). Très contraignante, celle-ci n'est distribuée que par trois assureurs. L'un d'entre eux songerait à se retirer. «Le produit a trouvé son public, mais pas encore son modèle économique», a déclaré Benoist Apparu, le secrétaire d'État au Logement. En revanche, Jean Chavot, le président délégué de la Fnaim, «regrette que les deux systèmes, GRL et GLI, se fassent concurrence». Le Sénat a adopté, samedi 3 décembre, dans le cadre de l'examen du budget 2012, deux amendements, dont l'un prévoit d'imposer aux assureurs de vendre les deux types d'assurance...

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